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"La librairie Morisaki" de Satoshi Yagisawa aux Editions Hauteville

LA LIBRAIRIE MORISAKI Satoshi Yagisawa : une jolie parenthèse Résumé Après une rupture amoureuse et la perte de son emploi, Takako s’enfonce dans une dépression silencieuse. Jusqu’au jour où son oncle lui propose de venir l’aider dans sa librairie, un lieu hors du temps, niché dans un quartier populaire de Tokyo. Ce monde des livres, qu’elle ne soupçonnait pas, devient peu à peu un refuge inespéré, un espace de reconstruction avant, peut-être, de reprendre son envol. Les personnages Takako est une jeune femme en retrait du monde, blessée et fragile. Son cheminement intérieur se fait à petits pas, dans le silence, l’observation et la lente réappropriation de ses émotions. L’oncle , figure discrète et bienveillante, incarne une présence rassurante, sans jamais forcer ni expliquer. Leur relation, tout en pudeur, repose sur l’affection tacite et la compréh...

"Dans la forêt" de Jean Hegland aux Editions Gallmeister

Résumé Dans la forêt | Jean Hegland | Editions Gallmeister
Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.
https://gallmeister.fr/


Jean Hegland - "Dans la forêt" : Un huis clos envoûtant et viscéral

Mon avis

Quand la technologie vacille sans raison claire, et que la civilisation s’effondre avec l’épuisement des énergies fossiles, tout vacille. Nelle et Eva, deux sœurs élevées à l’écart du monde, dans une maison nichée au bord de la forêt, se retrouvent livrées à elles-mêmes. Orphelines et isolées, elles devront survivre seules. Mais jusqu’où la volonté suffit-elle à tenir debout ? Et que deviennent les rêves lorsqu’ils sont brisés par la nécessité ?

Ce roman se présente comme un journal de bord, témoin du basculement d’un monde. Il nous entraîne dans une immersion totale aux côtés de Nelle et Eva, jeunes filles aux prises avec une réalité de plus en plus rude, marquée par les pénuries, la peur, les doutes mais aussi par une résilience farouche.

On plie avec elles sous le poids du manque, on vacille dans leurs révoltes, on s’émeut de leurs gestes d’adaptation. Leur lien, fusionnel et parfois explosif, porte en lui quelque chose de brut, d’instinctif. La tension entre l’amour sororal et le besoin vital de prendre ses distances ne cesse de vibrer. Et pourtant, dans l’adversité, tout les ramène inlassablement à leur noyau commun : la survie.

Peu à peu, la nature — d’abord silencieuse, presque décorative — prend le devant de la scène. Elle devient une alliée précieuse, une entité vivante et nourricière, à apprivoiser. Ce renversement du regard est l’une des grandes forces du récit. L’humain n’est plus maître : il apprend à écouter, à observer, à se fondre dans ce qui était auparavant périphérique.

L’écriture de Jean Hegland est lente, patiente, presque contemplative. Elle laisse le temps à l’émotion de s’installer, aux sensations de se déposer. Certaines scènes dérangent, bousculent, troublent. Je ne m’attendais pas à tant de franchise, et j’ai ressenti parfois un malaise. Mais qui serions-nous pour juger des gestes de survie quand tout repère a disparu ?

Ce huis clos féminin est aussi une critique lucide de notre dépendance au confort moderne, de notre fragilité face à l’effondrement. Il révèle à quel point l’autonomie est un apprentissage oublié, et combien le retour à l’essentiel peut être douloureux, mais salvateur.

Nelle et Eva ne nous offrent pas simplement un récit : elles nous tendent un miroir. Un miroir sans complaisance, mais chargé de beauté, de peur et d’instinct. Une véritable leçon de vie.

 

Petit à petit, la forêt que je parcours devient mienne, non parce que je la possède, mais parce que je finis par la connaître. Je la vois différemment maintenant.

 






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