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"On n'a qu'une vie" de Alice Borras-Lejolivet aux Editions Librinova

Rose est une enfant en rébellion contre le monde des adultes. Bertille, fleuriste à la trentaine, élève seule sa fille et souhaite donner un nouvel élan à sa vie. Tandis qu'Irène, elle, confie ses mémoires avant le dernier voyage. À première vue, tout les sépare. Pourtant, à la manière d'un puzzle émotionnel, leurs destins vont intimement se lier... Mon avis (*) J'ai plongé dans ce récit choral à trois voix, à l'intérieur duquel se tisse un invisible jeu de miroirs. Et c'est dans la convergence de ces trajectoires que réside la magie de ce roman. Au fil des chapitres, alors qu'on scrute une rencontre qui ne vient jamais, une étrange connexion se dessine... Ce qui résonne avec tant de force dans ce récit, c'est la vérité de ces parcours de femmes. J'ai été bouleversée par les manques et les blessures de l'enfance. J'ai été impressionnée par la détermination, à l'âge adulte, d'une ...

"Cadavre exquis" d'Augustina Bazterrica aux Editions Flammarion


Une dystopie choc

Résumé 
Cadavre exquis de Agustina Bazterrica - Editions Flammarion
Un virus a fait disparaître la quasi-totalité des animaux de la surface de la Terre. Pour pallier la pénurie de viande, des scientifiques ont créé une nouvelle race, à partir de génomes humains, qui servira de bétail pour la consommation.Ce roman est l’histoire d’un homme qui travaille dans un abattoir et ressent un beau jour un trouble pour une femelle de « première génération ». Or, tout contact inapproprié avec ce qui est considéré comme un animal d’élevage est passible de la peine de mort. À l’insu de tous, il va peu à peu la traiter comme un être humain.
 https://editions.flammarion.com


Après qu'un virus ait éradiqué la grande majorité des animaux sur Terre, les hommes exploitent une espèce unique, propre à la consommation. Il est interdit d'établir des liens avec ces humains d'élevage et pourtant, un homme qui travaille au sein de ces abattoirs va franchir l'inimaginable barrière...

Ce roman nous plonge dans la chair, le sang, les viscères sans préambule et sans œillère. L'horreur et le dégoût nous submergent, les choses sont présentées crûment dans un processus mécanique précis.

On se déplace dans un scénario de la mort, les yeux exorbités, la conscience étourdie. C'est visuel, hyperréaliste. On oppose ici un dogmatisme de masse, un enrôlement, à la sensibilité individuelle. 

L'écriture est acide et projette sa capacité à nous heurter, nous bousculer. C'est extrêmement dérangeant, persuasif de quelque chose que l'on consent, et qui pourtant n'a pas sa place. C'est disséqué avec un sens accru de justesse.

"Personne ne doit plus les appeler "humains ", car cela reviendrait à leur donner une entité ; on les nomme donc "produit", ou "viande", ou "aliment". Sauf lui, qui voudrait n'avoir à les appeler par aucun nom."

On suit le parcours abîmé d'un homme qui a le sentiment d'avoir tout perdu, et auquel on accroche tous nos espoirs. On veut oublier l'univers clos, caché, les scènes d' une violence insoutenable. On frôle souvent l'indigestion avec ce roman d'anticipation qui pointe du doigt l'industrie alimentaire, l'exploitation du vivant.

Un récit dont on ne ressort pas serein : après cette lecture, vous ne verrez plus jamais la viande dans votre assiette, de la même façon !


 

Virus, cannibalisme, éthique, spécisme

 


Je ne m'attendais pas à cette fin abjecte et monstrueuse


Agustina Bazterrica est née à Buenos Aires en 1974. Cadavre exquis, son premier roman, a remporté le prestigieux prix Clarín en 2017. (Source : https://editions.flammarion.com/Auteurs/bazterrica-agustina)

 

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