"Laissez-nous la nuit" de Pauline Clavière aux Éditions Grasset

Un roman maîtrisé



"Laissez-nous la nuit", Pauline Clavière
Le destin donne parfois d'étranges rendez-vous. Pour Max Nedelec, la cinquantaine, patron d'une imprimerie en difficulté, tout bascule un matin d'avril , quand des policiers viennent sonner à sa porte. C'est le printemps, une douce lumière embrasse son jardin.Un bordereau perdu, des dettes non honorées, beaucoup de malchance et un peu de triche.
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Quand est-ce que tout a commencé à partir en vrille ? C'est peut-être cette question qui plane et à laquelle Max Nedelec la cinquantaine, voudrait répondre quand les policiers le cueille à son domicile. Parfois, une mauvaise passe peut faire bousculer un destin. La sentence est sans appel, direction prison pour un voyage codifié et bien à part...


C'est une immersion complète dans laquelle nous plonge l'auteur. Avec Max, on passe par toutes les étapes, de l'arrestation, au procès, à l'enfermement jusqu'à la libération.

Le temps pour nous de s'imprégner de ce personnage qui n'était, en aucun cas, préparé au placement carcéral. Et pourtant, il va se faire un acteur et un témoin d'un milieu anxiogène, complexe et ramifié. 

Autour de lui, il découvre l'austérité, la violence, la méfiance. Il apprend que la force, l'intimidation, le trafic font loi. L'écriture est fluide, permet une vraie proximité avec le climat, les personnages. Ici, c'est comme si le temps s'était arrêté et faisait son travail de sape. Derrière le côté sombre, on se raccroche à la littérature, "l'amitié", l'espoir. On se rapproche de la vie qui attend à l'extérieur, les souvenirs aimés, la liberté. Il n' y a rien à cacher, on dit le sombre, le glauque, le tabou. Le prisonnier crie, réclame son humanité. 

L'émotion est celle de l'inconnu, de la métamorphose. Max nous ouvre les portes d'une expérience dont on ne ressort pas un peu abîmé.

Un roman puissant, cruel, vertigineux où il est plus question que jamais encore de survie...


"Le type me regarde fixement, la porte claque derrière moi dans un fracas de métal que je n'avais encore jamais entendu. Je sursaute. Mal aux tympans, mal au coeur, c'est rare qu'un son fasse mal comme ça. Ca surprend, ça blesse comme un coup dans la tête."


Prison, justice


Un premier roman qui a le mérite d'être dense, profond et mené à bien.

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