"Disparaître" de Mathieu Menegaux aux Éditions Grasset


 Un roman éprouvant


"Disparaître", Mathieu Menegaux
Une jeune femme met fin à ses jours à Paris, dans le XVIII° arrondissement.Un homme est retrouvé noyé sur une plage, à Saint-Jean Cap Ferrat, sans que personne soit en mesure de l'identifier : le séjour en mer l'a défiguré, et l'extrémité de chacun de ses doigts a été brûlée.Quel lien unit ces deux affaires ?
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Tandis qu'à Paris, une jeune femme se jette par la fenêtre, le cadavre d'un homme rasé et nu comme un ver, s'est échoué sur la plage du côté du Cap Ferrat. Un lien réunit ses deux affaires, mais lequel ? Serait-ce une volonté d'étouffer, de fuir ou de disparaître à quelqu'un ou à quelque chose...


C'est un roman maîtrisé que nous propose l'auteur. Dès le début de l'intrigue, on pose le décor avec la découverte de deux corps qu'il faut identifier, sonder, étiqueter, classer.

En parallèle, on découvre une histoire banale d'adultère, incalculable, mais au résultat erroné, dévastateur. C'est un contexte, dans lequel les personnages sont englués, qui les précipitent l'un vers l'autre. C'est fusionnel, immédiat, fatal et aussi malheureusement irrattrapable. L'enlisement est prévisible, bien sûr et on y est purement et simplement précipité. 

L'écriture témoigne du malheur, de l'incapacité à faire face, de la culpabilité. C'est précis, concis, ciselé. La mécanique ne laisse pas de place à la surprise et au hasard. C'est le journal d'une débâcle amoureuse, inéluctable et catastrophique...

Un roman éprouvant au secret inavouable, impardonnable, mais lourdement condamné. 



"Il devrait dormir. Pourtant, il n'y arrive pas. Reprendre le café en même temps que la cigarette ne l'aide pas. Il est bloqué, hanté par ce visage déformé, comme gonflé à l'hélium, qui lui rappelle l'affiche de l'Elephant Man. Qui es-tu ?"


Pression, égarement, culpabilité, sentence 


Un épilogue qui confirme le désastre amoureux, familial mais qui ne rajoute rien.

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