"Préférer l'hiver" d'Aurélie Jeannin aux Éditions Harper Collins



Un récit intime et douloureux


Préférer l'hiver - HarperCollins France
" Maman et moi vivions ici depuis un peu plus de trois ans quand nous avons reçu le coup de fil. Au milieu des pins, des chênes et des bouleaux, au bout de ce chemin sans issue que deux autres propriétés jalonnent. C'est elle qui m'avait proposé de nous installer ici.
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À l'épreuve du deuil multiple, deux femmes décident de mettre de la distance avec leur douleur et réunissent leurs vestiges pour survivre au froid piquant de la forêt. Mais après le coup de fil ultime, cette mère et cette fille réussiront-elles encore à rassembler l'essentiel ?


"Préférer l'hiver" est de ces romans qui se lisent avec langueur, religieusement pour ressentir, saisir, s'imprégner, retirer le suc de toute sa subtile et infime substance. Aux côtés de ces deux femmes, on se rapproche de l'indicible, du drame, de la fragilité.

On est touché par leur mutisme, leur immobilisme alors qu'elles déploient toute leur énergie à maintenir un quotidien crucial. On est fasciné par leur versant sauvage, leur instinct de vie. Elles ont choisi de ralentir, d'écouter le silence, d'absorber leurs émotions. 

Pourtant, elles nous disent les absences, les épreuves, les faiblesses à travers l'amour de l'absolu, de la littérature. Leurs peines sont côte à côte sans s'affronter, ni se mélanger. Il y a chez elles une pudeur, une profondeur, un respect mutuel avec lesquels elles cohabitent sans se soustraire, se mesurer.

L'écriture est vive, pulsationnelle, ravageuse. Elle nous invite à percer au-delà du corps, de l'âme et du cœur pour se rapprocher de la plus pure des vérités. Avec ce roman, on laisse suspendre le temps pour lui octroyer sa force, le rendre puissant, vibrant.

La nature vous offre ici un lieu, une pause rare complexe et singulière pour méditer, croire, croître, cicatriser... Serez-vous assez fort pour vous y résister ?





 "Nous sommes des mystères qui font mine de se comprendre pour que le monde tourne à peu près. Au-delà, ,nous sommes, me semble-t-il, plutôt seuls."


Froid, deuil, isolement


Des émotions contenues dans la glace dont on voudrait qu'elles s'expriment naturellement entre mère et fille.

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