"Vendeur de rêves" d'Alice Babin aux Éditions L'Alchimiste


 
Un récit pertinent


Vendeurs de rêves | Les éditions l'Alchimiste
Que feriez-vous si vous pouviez choisir vos rêves ? Poussez la porte de la rêvothèque du quartier, consultez le catalogue : rêves de sport, rêves de voyage, de nourriture... et même des cauchemars, pour explorer les plus terribles sensations ! L'onigraphie révolutionne la vie des hommes.
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Les Baumont sont de jeunes parents quand ils visionnent un reportage ventant la possibilité et les mérites du choix de ses rêves. Quelques années plus tard, ils sont loin d'imaginer les répercussions que cette découverte scientifique peut apporter à leur famille...


Avec "Vendeur de rêves", Alice Babin nous projette dans un univers un peu fou et crédible au demeurant. On touche ici à l'élaboration du sommeil paradoxal, sur la capacité à la modeler à ses envies, à son image. 

Au sein de la famille Beaumont et avec d'autres personnages, on se frotte à quelque chose de complexe, irradiant, insaisissable. 

Qui n'a jamais rêvé de pénétrer à l'intérieur des Limbes ? 
D'exercer sur eux un quelconque contrôle ?

Ici, la réalité dépasse le fantasme dans une synergie fulgurante. Très vite, on comprend qu'accéder à ses rêves n'est pas anodin. On parle ici de morale, de responsabilité, de mercantilisme, de santé.

L'écriture est fluide, dynamique, percutante. Le sujet est amené avec intelligence pour nous amener à une réflexion, un sens critique. On touche aussi à l'intime, au tabou, aux secrets dans une ambivalence des sentiments. Tantôt frileux, tantôt exaltés. On a peur du danger, de l'interdit, on vise le contrôle, la suggestion, la matérialisation... 

La mayonnaise prend très vite et on s'envole dans une addiction transgressive et totalement déraisonnable. Il y a des frontières qui ne devraient jamais être dépassé, sans savoir dans quoi on met vraiment les pieds.

Un roman choc, dérangeant, intransigeant, subversif. À vos marques, prêts, rêvez !



"En matière d'onigraphie, on trouvait désormais le pire et le meilleur. Chaque semaine, il sortait autant de créations oniriques que de productions cinématographiques. Et le grand public adulait les réalisateurs devenus les nouvelles idoles d'une génération abreuvée de technologie."

Science, dérives, inconscient



Absence de réaction des parents d'Erwann.

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