Claire Norton : Et pourquoi pas ? Bien qu'assis confortablement en tant que chirurgien urgentiste, Evan ressasse la disparition de sa sœur, dont il a été témoin lorsqu'ils étaient enfants. Alors, quand un gamin de dix ans lui laisse entendre qu'elle est encore en vie, son intérêt le pique à vif, renouant avec tous ses espoirs... Et si, pour cela, Evan devait s'ouvrir à un monde qui, jusque-là, lui était inconnu ? Mon avis Avec ce roman, on embarque dans une enquête hallucinante, le décor planté nous propose une palette de personnages et des situations bien distinctes. L'intrigue se met en place, et on se questionne sur les éléments épars. On a du mal à voir où l'autrice veut en venir. Y a-t-il un lien entre les personnages ? Et comment vont-ils s'articuler pour fonctionner, et donner quelque chose de cohérent ? On navigue dans une brume avec des proposit...
L'alchimie des maux
Reflets des jours mauves
Lors d’une réception en son honneur, le professeur Lazare s’isole, las des sollicitudes. Abordé par un jeune journaliste, l’éminent généticien se surprend à lui proposer un verre dans un bar. Au fil des échanges, Lazare se déleste du secret qui entoure ses recherches. À quoi bon avoir déchiffré la partition du génome si cela conduit à trahir l’être cher et condamne à la solitude ? |
Alors que le professeur Lazare est reconnu pour ses recherches en génétique, il ne semble en retirer aucun mérite, et se montre distant, fuyant. Pourtant, celui-ci s'apprête à livrer à Ethan, un jeune journaliste, les aléas connexes de la vie...
C'est un récit feutré qui s'invite pour dire ce qu'il est impossible de formuler. Il faut remonter dans le passé de Lazare pour situer cet homme contraint, enfermé dans ses silences. C'est le jeu de la délivrance intime, cruelle qui se joue sous nos yeux, à résolution réelle.
Lazare dévoile à travers ses mots plus qu'il n'en a jamais délivré dans le résultat de ses recherches. On est ému par la fragilité, la complexité qui se dégage de cette histoire aux parfums d'inachevé. La poésie émerge et s'envole du caractère précis et rigoureux scientifique. On la saisit, on la déroule, on s'en délecte.
L'écriture est brillante, sensible et opère une pulsation mélancolique, de diversion. On parle de hasard, d'amour, de connaissance, d'hérédité, d'arbitraire. La parole est juste, mesurée et libère en ponctuation l'indéchiffrable. On se sent infiniment petit au regard de l'infini possible. Ici, le contrôle est dans le lâcher prise et dans la réunion des paradoxes.
La réflexion est adéquate, oscillante, symphonique. Il y a quelque chose d'inexprimé, de tacite qui transcende le mystère, le suprême.
Et si les accents de doute étaient miraculeux ? Avec "Reflets des jours mauves", Gérald Tenenbaum nous offre plus qu'un assemblage des mots, un algorithme de nombre, mais bien une intime et profonde confession...
"Ce sont, à ce qu'il paraît, les marches qui conduisent au secret des secrets dissimulé dans les lettres et leurs innombrables agencements. L'homme progresse sur les nombres : au bout du chemin sont les lettres."
Science, recherche, secret, solitude
Regrets, résignation humble, discrète qu'il faut sonder très loin pour faire remonter les émotions...








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