Claire Norton : Et pourquoi pas ? Bien qu'assis confortablement en tant que chirurgien urgentiste, Evan ressasse la disparition de sa sœur, dont il a été témoin lorsqu'ils étaient enfants. Alors, quand un gamin de dix ans lui laisse entendre qu'elle est encore en vie, son intérêt le pique à vif, renouant avec tous ses espoirs... Et si, pour cela, Evan devait s'ouvrir à un monde qui, jusque-là, lui était inconnu ? Mon avis Avec ce roman, on embarque dans une enquête hallucinante, le décor planté nous propose une palette de personnages et des situations bien distinctes. L'intrigue se met en place, et on se questionne sur les éléments épars. On a du mal à voir où l'autrice veut en venir. Y a-t-il un lien entre les personnages ? Et comment vont-ils s'articuler pour fonctionner, et donner quelque chose de cohérent ? On navigue dans une brume avec des proposit...
Un drame insidieux et pénétrant
L'Invention de la neige
Il fait un froid, cette année. Mais un froid. Du jamais vu. Pourtant sur les pistes des Cévennes, pas un centimètre de neige, les tire-fesses sont à l’arrêt. Une station fantôme… Si Ferrans pensait faire oublier à sa femme, Laure, la mort de son grand-père, c’est plutôt raté. L’auberge qu’il a choisie pour ses deux filles et pour Laure n’a du Bonheur que le nom. Elle est peuplée d’une patronne obèse, d’un lézard barbu et d’un moniteur de ski aux yeux morts. Et partout : la terre trempée, la boue. Pourtant, Ferrans s’obstine à rester jusqu’à ce que l’imprévu retourne comme un gant cette famille recomposée en apparence bien sous tous rapports. https://www.lisez.com |
Laure pleure la mort d'un grand-père de manière viscérale, profonde, intime. Son mari se propose alors de se changer les idées en lui proposant un petit séjour à la neige. Mais l'auberge où ils font escale leur réserve peut-être d'autres stupéfactions...
Sous des apparentes diversions, on nous prépare d'entrée de jeu à quelque chose de latent, de grave. On en éprouve très vite les frémissements de ce que l'on ignore encore.On perçoit comme un malaise le fil narratif qui nous semble lointain. Les phrases sont courtes, incisives. L'intrigue alterne avec le passé du grand-père et se dévoile en couches successives. Le lieu d'accroche et les personnages nous retiennent dans ce qu'ils ont de plus miteux, insolite.
L'écriture est habile, mesurée. Il en émane une force magnétique dont on ne peut pas se soustraire. il y a une complexité qui se créé et se déroule sous nos yeux. On y parle d'identité, de secrets, d'héritage.
On ressent la douleur, les non-dits qui s'expriment à travers les égarements. L'histoire de Laure n'appartient pas qu'à elle-même, mais à un épisode familial dont elle ignore la portée. Les drames se succèdent incontrôlables, jaillissant.
C'est sombre, envahissant, inexplicable jusqu'au dénouement final. Un thriller sidérant, maîtrisé qui décortique avec une tendre affection que "la vie, c'est le bordel."
"Moi non plus, je n'avais pas regardé la météo. Si je l'avais fait, peut-être que rien de ce qui s'est passé ne serait advenu. On aurait continué à avoir l'air d'une famille normale et sans problème. C'est ce froid qui nous a eus."
Secrets, famille, drame
Le journal intime de Laure totalement éludé jusqu'à la fin
Née en 1970 à Carcassonne, Anne Bourrel a
été professeur en Angleterre. Elle a brièvement travaillé dans le
domaine des ressources humaines avant de se consacrer à l’écriture.
Poétesse, romancière et dramaturge, déjà lauréate de six prix
littéraires, elle est l’auteur de trois romans publiés à La Manufacture
de livres. Elle vit aujourd’hui à Montpellier.









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