"Une comédie médicale" de Gilles Bojan aux Éditions Butterfly




"Une comédie médicale" de Gilles Bojan aux Éditions Butterfly

Gilles Bojan : Un roman caustique



Une comédie médicale
Bien installé dans une vie de banlieusard pépère, Gaspard Hisquemie répartit l'essentiel de son temps entre la Radio De France, les parties de tennis avec son ami Daguet et une vie de famille relativement paisible. Toujours sous le charme de Mycose, la belle créole réunionnaise devenue sa femme, il repense souvent à leurs années tropicales et au bonheur intense de ces virées à deux sur les routes ensoleillées de l'île.
Mais entre coup droit désespéré et genou récalcitrant, il suffit parfois d'un rien pour dérégler l'extraordinaire machine du corps humain... Lorsque la roulette médicale tourne mal et que l'hypocondrie s'en mêle, c'est tout un destin qui bouscule.
Véritable looser des salles d'attentes, Hisquemie perd peu à peu la confiance qu'il accordait aux valeurs du serment d'Hippocrate.
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Gaspard est un homme actif, plutôt en forme jusqu'à ses cinquante et un an, et une partie de tennis qui tourne mal. Son genou commence à le faire souffrir et pour lui débute un long périple médical ou sa traversée du désert...


C'est une comédie sympathique à la fois amusante et grinçante qui tourne autour des déboires médicaux de Gaspard. Un homme en pleine force de l'âge et pas du tout préparé à la douleur ou au déclin. Dans une alternance de temps et de lieu, il nous décrit l'énergie, la fougue de sa jeunesse et son printemps amoureux avec sa jolie Réunionnaise, qui est aujourd'hui sa femme.

Touché dans sa chair avec un genou récalcitrant, il est nostalgique de ces moments heureux et ascensionnels. De rendez-vous en rendez-vous médicaux, Gaspard perd de sa superbe, se mine et s'éloigne petit à petit de celui qu'il était... 

On est pris dans un tourbillon crucial que celui du corps et que la médecine détient. Gaspard, dépossédé un peu de lui-même, critique non sans humour les limites d'une science dispendieuse, anonyme et protocolaire. C'est caricatural mais très vrai. Le parcours de Gaspard nous divertit autant qu'il nous désappointe. L'écriture est fluide, sincère, réactive. On se laisse porter avec conviction et réalisme, survolant le jargon et le processus hospitalier.

Le récit est drôle, incisif, dramatique, et tape là où ça fait mal. Une manière de dénoncer ou d'exorciser la chute, le dérèglement, la douleur. 

Une ordonnance de dire, de rire peut-être pour guérir...



"Ce matin, je me suis senti terriblement vieux. Voûté, ridé, usé, j'ai affronté la réalité du miroir comme confronté à la silhouette d'un illustre inconnu sur le déclin. Comme le toit d'une maison créole entraîné sans recours dans le tourbillon d'un cyclone, j'ai eu la sensation de me faire aspirer par la certitude de la vieillesse."



Critique amère du corps médical. Un personnage qui a du mal à lâcher prise...




On regrette l'absence de communication, les maladresses qui conduisent Gaspard à l'isolement.


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