"La mère partie" d'Eric Caminade Batistin




"La mère partie" d'Eric Caminade Batistin

Eric Caminade Batistin : Un récit marquant


Nous avons décidé de nous battre, sans l'aide des anciens, qui, assis sur la gloire de leurs médailles des dernières guerres, n'ont rien vu venir. - "Papa, j'ai un ami qui est mort cet après midi, d'une overdose de drogue. Et moi aussi je me drogue, et j'ai peur" - "De la drogue ? Comme si ça se trouvait sous le sabot d'un cheval ! Tu ne sais plus quoi inventer pour ne pas aller à l'école ce matin !"...


Les nouvelles s'enchaînent pour envahir l'espace, égrener le temps qui passe d'un personnage que l'on suit de l'enfance à l'âge adulte. De la nostalgie d'hier à ses déviances artificielles, il n'y a qu'un pas...

On parle ici d'ennui, de solitude, de drogue, de mort dans une forme d'apesanteur. L'écriture est fluide, sévère, poétique. C'est un texte qui remue, qui fait réfléchir sur la responsabilité de ce que les anciennes générations ont laissé à leurs descendants... 

Les jeunes ont-ils des rêves encore à réaliser, ne se sentent-ils pas enfermés dans un carcan castrateur préétabli ? Quelle place leur a-t-on laissé ? Autant de questions qui fustigent sans trouver de réponse satisfaisante.

C'est un texte écorché qui se diffuse par tous les pores de notre peau, qui nous atteint et nous révolte. Car par ce récit obscur, déblatérant, diffus et erratique, l'on perd un peu de son âme d'enfant pour aller vers une gravité irréversible...

"J'ai compris ce jour-là que le combat incessant, les difficultés à vaincre le quotidien, la mise en danger permanente donnait du goût à tout, et de l'appétit. Je décidais donc de mettre ma vie en danger."

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