"Requiem pour un fou" de Stanislas Petrosky aux Éditions French Pulp



"Requiem pour un fou" de Stanislas Petrosky aux Éditions French Pulp

Stanislas Petrosky : Ce curé là : "Il est terrible !"


Requiem pour un fou - French Pulp éditions
Pour commencer, prenez : Un prêtre exorciste agent du Sodalitium Pianum, les services secrets du Vatican. Un curé qui a compris qu'il avait fait le voeu de célibat et non de chasteté. Un homme d'Église qui manie la langue d'Audiard avec amour. Un abbé qui vous confesse avec la délicatesse du Marginal de Jacques Deray.


Esteban Lehydeux est de nouveau de service... C'est du côté de la capitale, que les scènes de crime le conduisent. L'enquête bat son train ; et si les voix du seigneur sont impénétrables, les paroles de notre Johnny national, elles, les guideront peut-être jusqu'à l'assassin...


Requiem nous fait son grand jeu. On glisse très vite vers une série de crimes gore, orchestrant la misère humaine. Au milieu de ces corps de SDF meurtris dans leurs chairs ; on veut interpeller notre prêtre, le provoquer et peut-être le mettre à genoux...

Lui, conserve son humour, son sens de la répartie, ses appétits. Et on s'embarque vers quelque chose d'acide, décalé et jouissif. Esteban n'a bien sûr pas la langue dans sa poche, comme toujours. En homme de terrain, il n'hésite pas à payer de sa personne, s'investissant corps et âme, et ce, quoi qu'il advienne. 

L'écriture est directe, volontairement crue, pugnace. On se laisse amuser par une proximité, une familiarité à laquelle il nous est impossible de résister avec le temps. Requiem bouscule, dézingue, vous déride les zygomatiques, et ça fait du bien. On aime sa manière d'aborder des sujets de société avec franchise et encore plus si ce n'est pas politiquement correct !

L'intrigue est travaillée sans faire de l'ombre au personnage. C'est noir, percutant et Rock'N'Roll. Les fillettes et les rageux, s'abstenir !


"Tu vois, qu'un guignol veuille me foutre dans le viseur de son arme, je n'y vois pas trop d'inconvénient, je suis ce que l'on peut appeler un "justicier", je me fais des ennemis. Ils veulent parfois ma peau, c'est comme ça, Ok, c'est le jeu. Mais là, jouer à tenter de me faire passer pour un tueur en série, une sombre ordure qui flinguent des pauvres types en blasphémant, ça me la met mauvaise..."



Énergie, humour, provocation, règlement de compte.



On a un peu peur que le personnage perde le rythme et ne nous surprenne plus.


Commentaires