"Maman, je t'aime..." de Chérif Zananiri





"Maman, je t'aime..." de Chérif Zananiri

Chérif Zananiri : Un roman troublant


"Maman, je t'aime" de Chérif Zananiri :
Alors que tout est lent, endormi un peu dolent, une inéluctable tragédie a lieu dans la ville, presque banale, prévisible. Petit drame de tous les jours ; le monde ne va pas s’arrêter pour si peu…Rémi, 21 ans, ne rêve que d’une chose : retrouver sa mère.En étudiant consciencieux, il s’assure d’avoir terminé le mémoire fait en commun avec Marie et Boris, puis, lorsqu’il estime le temps venu, il passe de place en place et se remémore les doux moments vécus avec Louise. Celle-ci lui apparaît belle, amoureuse à fleur de peau et surtout mère : merveilleuse, généreuse, parfois emportée, toujours attentionnée.Tout pourrait être simple si ce n’est que maman-Louise est décédée le jour où Rémi fêtait ses 5 ans.


 Rémi, étudiant 21 ans, est obsédé par le souvenir de sa mère trop tôt disparue, alors qu'il avait seulement cinq ans. Envahi par ses émotions, il ne peut s'empêcher de vouloir la retrouver...


Ce roman raconte la tragédie de l'enfance, la disparition fulgurante d'une mère, la tempête et le chavirement du couple. Rémi reste avec ses lueurs, ses perceptions indistinctes, éblouies.

Entre passé et présent se dessine et dévoile une histoire bouleversée et intériorisée. Ses camarades assistent à l'égarement, la mise en abîme d'un Rémi dépressif, exalté, en proie à ses démons. 

L'écriture est désarmante, terrible, sensible. On est abasourdi par le caractère aigre des révélations ou la puissance et l'infinie tendresse des sentiments. Cette maman évanescente, idéale, omniprésente touche notre cœur de lecteur. Avec elle, on est dans l'attente, la séduction, la trêve. Rémi entretient le malaise, la confusion par-delà les maux. 

On y parle de l'absence, des secrets, des silences. Tout ici, est consigné, a une valeur décrite et précise. On soupèse l'indicible mal, la catapulte des déclarations. C'est un cri d'amour inédit, révolté, fragile, parfois irrévérencieux.

Il n'y pas de tourment plus captivant, plus préoccupant que celui-là. Laissez-le entrer et vous suspendre...


 "..._Pour moi, c'est simple : maman me manque. Le vide qu'elle a laissé ne peut pas être comblé par Pierre ou Paul; il est infini."



L'intensité, la finesse de l'expression qui crée l'intime, le sacré

Le mutisme, l'évitement entretenu avec le père