15 mai 2018

"Une pluie d'étincelles" de Tamara McKinley aux Éditions de l'Archipel

Une pluie d'étincelles

 

"Une pluie d'étincelles" de Tamara McKinley aux Éditions de l'Archipel

Tamara McKinley : Un récit palpitant

 

Une pluie d'étincelles

Une pluie d'étincelles

Australie, 1946. Becky Jackson a regagné son village natal avec son fils Danny après que son mari a été déclaré mort au combat.
Depuis deux générations, sa famille dirige l’hôpital de Morgan’s Reach, bourgade fondée par son grand-père. Becky y connaît tout le monde et retrouve sa meilleure amie, elle aussi veuve de guerre.
Becky côtoie également Ben Freeman, le pompier en chef secrète- ment amoureux d’elle. Un amour auquel elle se refuse car Danny n’a toujours pas fait le deuil de son père…

http://www.editionsarchipel.com

 

Mon Avis Pollar

Australie 1946, une tempête menace d'enflammer Morgan's Reach et de rendre incontrôlables les émotions de ses habitants... Pour Becky et toute la communauté, les préoccupations seront nombreuses, émergentes et peut-être aussi déterminantes...


Avec une pluie d'étincelle, Tamara McKinley nous offre encore une fresque exotique dont elle a le secret. L'évasion est garantie dans cette contrée sauvage de l'Australie. On s'y sent très vite familier avec des personnages authentiques, au caractère fort, sensible et unique.

On découvre leur histoire, leurs faiblesses, leurs secrets, mais aussi l'énergie dont ils disposent pour faire face à leur destin. L'auteur sait retenir notre attention, capter notre intérêt et nous subjuguer ; on se laisse happer par le récit tumultueux dès le début pour ne plus jamais le lâcher ensuite. Les passions sont décuplées dans ce climat orageux qui n'en finit pas de faire tourner les têtes.

L'atmosphère est électrique rendant les tensions palpables. Chacun cherche à exorciser ses peurs ou ses démons ; les drames surgissent, la vie crépite d'espoirs à un rythme soutenu. Notre cœur palpite et exprime ses émotions au fil des évènements qui se succèdent. On se laisse envahir par des sentiments d'amour et de tendresse pour cette bourgade de bout du monde et ses habitants. On est submergé par le malheur qui s'abat sur eux, mais plus encore, rempli par l'étincelle qui les anime à faire résurgence.

On s'émerveille ici encore beaucoup des paysages bruts qui appellent à rester humble et vigilant. On s'attache beaucoup au relationnel et à l'émotionnel des personnages.

Une fois de plus, Tamara McKinley nous enchante de sa plume évadante et nous communique la ferveur de ces sagas qui nous emportent. Comment ne pas tomber sous le charme ?

Citation Pollar

"Il se dégageait du paysage une grandeur à nulle autre pareille, une splendeur intemporelle. Rien ici, ou presque, n'avait dû changer depuis que les premiers hommes avaient posé le pied sur ces terres... La force spirituelle qui émanait d'elles n'avait jamais manqué de l'émouvoir, et leur supplément d'âme toujours l'avait enflammé."

 

Bandeau - Une pluie d'étincelles


03 juillet 2017

"Les exilés du Paradis" de Brigitte Adès aux Éditions Portaparole

Les exilés du Paradis

 

"Les exilés du Paradis" de Brigitte Adès aux Éditions Portaparole

Brigitte Adès : Un roman éclaireur

 

Les exilés du Paradis

Portaparole France
Il y a des romans qui en disent plus long sur la réalité du monde que les essais les plus sophistiqués. À travers l amitié de deux jeunes franco-iraniens, dont le destin va diverger malgré eux, Les Exilés du Paradis plongent le lecteur au coeur du grand affrontement du moment qui oppose l Islam éclairé au radicalisme le plus obscurantiste. En se tournant vers ses racines, Farhad découvre que cette lutte entre deux projets de sociétés existait déjà en Perse au onzième siècle. Son ancêtre n avait-il pas lutté contre la secte des Assassins, les premiers terroristes de l Histoire ? Devenant le moteur de son existence et du roman, ses investigations conduisent Farhad à Ispahan, sa ville natale, puis à Londres et enfin à Paris...

http://portaparolefrance.com

 

Mon avis :

Fahrad est originaire de Téhéran, il a vécu avec ses parents en France, suivi des études aux Etats-Unis. Ce jeune homme perdu entre ses origines et son mode de vie très occidental va peut-être finalement trouver sa place comme médiateur entre ces deux civilisations...


L'auteur nous ouvre les portes sur un roman juste et éclairé au sujet très sensible de la radicalisation à l'Islam. Sans juger, sans choquer, elle expose à travers ses personnages un problème résurgent de notre société entre des religions et des fidèles qui ne se comprennent pas.

De manière très dogmatique, Fahrad va ouvrir, lire, disséquer le coran, prêchant la paix, la communion. Il exhorte à sortir ses pairs de l'ignorance, les invitant à penser par eux même d'une manière ouverte et responsable. On est touché par son combat contre l'obscurantisme, son histoire et sa vérité. Il va au-delà des préjugés, ouvre les cœurs, les consciences et refuse de se laisser au fatalisme.

On admire sa foi, son courage, son abnégation pour une cause essentielle et à laquelle il croit. Un récit fin et construit avec intelligence qui pour aller vers la lumière invite à aller vers la connaissance et pousse à la réflexion.

Loin de l'enrôlement religieux ou l'instrumentalisation politique, l'interprétation libre et respectueuse des textes se veut la clef du vivre en accord avec soi-même, Dieu et les autres.

Un livre court, fondamental à faire circuler et à partager.

Citation :

"Ce qui nous unit, est plus grand que ce qui nous divise, se plaisait à répéter Fahrad."

 

25 avril 2017

"La chambre d'Hannah" de Stéphane Bellat aux Éditions Mosésu

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"La chambre d'Hannah" de Stéphane Bellat aux Éditions Mosésu

Stéphane Bellat : un roman profondément touchant

 

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La Chambre d'Hannah

Paris, février 1992. Pierre Descarrières, 11 ans, est malheureux coincé entre une vie terne et des parents qui se déchirent quotidiennement. Seul dans sa chambre, il rêve d'un frère ou d'une soeur qui viendrait rompre sa solitude. Paris, février 1942. Hannah Klezmer, 11 ans, étouffe dans l'espace confiné de son appartement, mise à l'écart parce qu'elle est juive.

http://www.atelier-mosesu.com

 

Mon avis :

Paris février 1992, alors que Pierre 11 ans s'effondre de solitude et de tristesse tandis que se parents se déchirent, il fait la rencontre inopinée d'Hannah 11 ans qui viendrait du passé. C'est l'histoire d'une rencontre inoubliable qui ne fait alors que commencer...


Il y a des liens inexplicables qui se créent et qui se tissent parfois... Peu importe que cela soit possible ou impossible, l'important est dans la bonté et la pureté des cœurs.

Hannah et Pierre n'auraient pas dû se rencontrer ou du moins pas de cette manière. Leurs échanges révèlent un côté magique et hors du temps. Grâce à Hannah, Pierre oublie un peu ses malheurs, apprend l'horreur de la guerre et perd un peu de son innocence. L'auteur nous offre ici un récit tragique, beau et bouleversant. On est touché par ce lien d'amitié viscéral, authentique et qui n'a pas d'âge.

La plume est émotionnelle, sensible, rare, elle nous emporte loin et profondément dans ses sillons. Il émane des échanges de ces jeunes gens une infinie tendresse, une compréhension brute qui ne demande qu'à être fouillée. Avec eux, on observe un voyage dans le temps cicatriciel et torturé tandis que leurs moments à eux ne sont que petits bonheurs et grande complicité. Ce roman exprime sa force dans toute sa dualité. Il est à la fois extrêmement dur et lumineux. Il nous parle et nous imprègne dans sa violence-douce de Vérité.

À travers ce livre, c'est une autre manière de se rappeler de son histoire, d'en éprouver tout son sens pour ne jamais totalement oublier... Peut-être ne pourrions-nous pas changer le passé, mais pourrions-nous nous maintenir vigilants à propos de notre avenir...

Citation :
"Même au bord d'un étang, loin de ma chambre, Hannah était toujours tout près de moi. Je savais pourtant que nous n'appartenions pas à la même époque. Mais l'amitié s'affranchit des temps auxquels elle se conjugue. Souvent au présent, parfois au futur."

 

A propos de l'auteur :

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Né en 1961 dans l’ouest de la France, Stéphane Bellat est un pur autodidacte, autant par nature que par choix. Très vite attiré par l’expression artistique, il commence par dessiner, puis peindre. Il poursuit son parcours par un cursus d’historien et rédige à partir de 2004 plusieurs dizaines d’articles thématiques sur la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui encore, il collabore à deux magazines.

En 2010, il revient à sa première passion : la littérature fantastique. C’est ainsi que nait Les Passagers Perdus, son premier roman publié par Guérin Littérature à Montréal. Trois ans plus tard son second roman La Chambre d’Hannah voit le jour et se traduit par un plébiscite des lecteurs. Ce roman a été publié par France Loisirs.

Il a une sainte horreur des petites boites dans lesquelles chacun doit être placé par convenance pour être mieux répertorié et se définit comme un « irréductible inclassable » .. Plusieurs styles littéraires le passionnent et le poussent à écrire, du roman historique au roman noir en passant par les road movies déjantés.

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14 mars 2017

"Le grand frisson" de Frankito aux Éditions Écriture

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"Le grand frisson" de Frankito aux Éditions Écriture

Frankito : Une histoire d'Amour intense et moderne

 

Le grand frisson

Crime en bande organisée, homicides, coups, blessures, vols, recel… Comment Bienvenu, dit Ben, ce gamin de seize ans, s’est-il fourré là ? Lui qui ne rêvait que de graffs et de filles, entre ses frangins casse-pieds, sa mère autoritaire et ses lascars de copains. C’était avant qu’il ne rencontre Marie-Ange, sa belle princesse mélancolique…

http://www.editionsecriture.com



Mon avis :

Ben est un garçon tranquille, il aime les graffs, les copains, les filles qui ne sont qu'un rêve au milieu de son imagination. Il se tient loin de la violence, délinquance qui enfle dans cette cité parisienne jusqu'au jour où, il rencontre l'attractive Marie-Ange...


On ne s'attend pas à être surpris en ouvrant ce roman et à autant de puissance, et pourtant... C'est un récit riche en couleurs, instinctif, pulsatile qui nous pique la cuirasse et finit par nous transpercer en plein cœur.

La force réside dans la personnalité des personnages sensibles, écorchés en quête d'extrême, de sensations. On aime l'alternance de point de vue, mais aussi de sonorité qui donne une énergie, un rythme et une réelle dimension à cette histoire. L'écriture est brute, émotionnelle sincère. Humour, poésie : ça titille, pique explose en bouche. Ben et Marie-Ange se ressemblent dans leurs différences. Pour l'un, c'est le début des emmerdes, pour l'autre, c'est peut-être la chance de s'en sortir.

On est touché par leur douleur, leur volonté et leur espoir de se trouver et de vivre pour eux-mêmes. Un climat de surtension au beau milieu d'une guerre de gang incontrôlable et l'amour en toile de fond. L'auteur a un réel talent pour faire jaillir les émotions, joue d'une cohérence et d'un rayonnement qui marque.

C'est un roman qui percute, vivifie par ses humeurs, ses accents entre le feu et la glace. Un charme indéniable, un ton souverain, un diamant dans son écrin. L'aventure qu'il faut absolument tenter !

Citation :
"Impossible de l'oublier, elle a tatoué mon cœur à l'encre indélébile."

"Son amour me remplit tout entière."

 

A propos de l'auteur :

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Journaliste et réalisateur né en 1973, spécialiste de la Caraïbe et de l’Afrique, Franck Salin, dit Frankito, a vécu jusqu’à 18 ans en Guadeloupe. Il est l’auteur du roman Pointe-à-Pitre-Paris (2000) et de la première pièce de théâtre en langue créole présentée à la Comédie Française (Bòdlanmou pa Iwen, 2005). Les éditions Écriture ont publié en 2012 son roman L’homme pas Dieu, lauréat du prix Carbet des lycéens (littérature caribéenne). Il vit à Paris. (Source éditions l'Archipel)

 

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13 mars 2017

"Juste la lumière" de Pascale Dewambrechies aux Éditions Passiflore

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"Juste la lumière" de Pascale Dewambrechies aux Éditions Passiflore

Pascale Dewambrechies : Un récit extrêmement bouleversant

 

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Juste la lumière | Pascale Dewambrechies

Éva est une femme insaisissable et admirée. Lorsqu'elle rencontre Dimitri, elle voit en lui un partenaire à la hauteur de son ambition. Il est metteur en scène, elle écrit. Peu à peu leurs univers se mêlent, leur désir est sans limite. Mais la fêlure est présente, révélant une douleur jusqu'ici enfouie...

http://www.editions-passiflore.com

 

Mon avis :

Eva est une femme sensible, mystérieuse ouverte à l'autre. Elle écrit, aime Dimitri, souffre aussi. Derrière la surface qui craquelle, se cache des émotions étouffées, refoulées dont il va falloir percer le secret...


C'est un roman ultra poignant, fragile, sensible. Un récit sur la douleur, les cicatrices, l'incompréhension, les non-dits. Parce qu'il y a des silences qui font bien plus mal que les mots, s'expriment les maux...

L'esprit n'a pas de prise sur ce qu'il ne comprend pas. Eva vibre, aime, ressent, pressent. Sa relation avec Dimitri est démesurée, fusionnelle, provoque des remous dans sa vie émotionnelle. Très vite de voyage, d'errance, en absence Eva s'enlise dans le tourbillon de l'anéantissement. Il est question de peur, de manquement, d'abandon. Eva s'enfuit, s'affole, va mal... Pour aller mieux, elle va comprendre qu'il faut dérouler le fil à l'envers, retourner vers son enfance.

L'auteur nous touche, sa plume est sensible, éprouvée. C'est de la porcelaine de chine précieuse et délicate. Les émotions sont intimes, intenses. Au-delà des ruptures, des déchirements, l'auteur nous invite à aller vers le détachement, le pardon pour aller vers la lumière. On nous raconte comment les souvenirs enfouis, ce qui n'a pas été dit : ellipses, secrets, peuvent créer le cycle de travail de sape et de répétition.

L'auteur va au plus profond des cœurs, murmure et révèle les émotions. Un roman brut noué et libérateur qui ne manque pas d'intensité.

Vous aurez le cœur au bout des lèvres et les larmes au bord des yeux...

Citation :

"Une fois de plus tu manies la proximité et l'éloignement. Tu te joues de ceux qui croyant te saisir ne font que t'éloigner, de ceux qui croyant s'approprier ta personne ne font que te perdre."

 

A propos de l'auteur :

Pascale

Pascale Dewambrechies - Editions Passiflore

Aller au bout des choses, tel pourrait être le fil rouge de la biographie de Pascale Dewambrechies dont la carrière éclectique révèle la curiosité de son esprit.

Virginia Woolf dit qu’une femme doit, pour écrire un roman, avoir à sa disposition « une chambre à soi et cinq cents livres de rente ». Lorsqu’elle réunit ces deux conditions, Pascale Dewambrechies met un terme à sa carrière professionnelle et se consacre enfin à l’écriture ! Elle suit assidument un atelier et crée dans le même temps un blog d’actualités cinéma qu’elle alimente quotidiennement. Pour RCF Bordeaux elle reçoit et interviewe des auteurs, des acteurs, des réalisateurs, soucieuse pour bien traduire leurs propos, de toujours trouver le mot juste.

En 2014 elle publie aux Editions Passiflore son premier roman L’Effacement qui, Lauréat du Festival du Premier roman de Chambéry 2015, reçoit également le 1er Prix de Saint Estèphe et celui du [métro] Goncourt.

 Pascale Dewambrechies, à travers le personnage de Gilda, explore le destin de celles que l’on appelait les filles-mères, celles que la société s’acharnait à faire disparaître pour « les » plier à la morale.Tandis que L’Effacement connaît une belle reconnaissance grâce à sa publication chez Folio en mars 2017, Pascale Dewambrechies publie en même temps son deuxième roman Juste la Lumière.

L’auteure continue à creuser le sillon des histoires au féminin à travers le personnage d’Eva.

De l’enfance à l’âge adulte, de Dimitri à̀ La Maladie, Éva conduit sa vie persuadée qu’un mensonge habite la mémoire familiale. Plus encore que la vérité, c’est sa recherche qui jalonne le parcours d’Éva. Arrivée au terme de sa quête elle découvrira une forme de liberté, celle de décider ce qui peut advenir d’elle-même, celle de choisir – ou pas – que des mille éclats de sa colère, il reste Juste la lumière.

http://www.editions-passiflore.com

 

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01 mars 2017

"Rose ascendant pourpre" de Marianne BP

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"Rose ascendant pourpre" de Marianne BP

Marianne BP : Un récit original et hallucinogène

 

Résumé :

L'héroïne a 28 ans. Elle s'appelle Mélinda. Elle est fascinante. Mais le sait-elle ?
Cette belle jeune femme, un peu garçon manqué, traîne une aura pleine de mystère dans le tourbillon d'un quotidien à la fois fantasmagorique et routinier : elle occupe un appartement parisien, fait ses heures dans un open space chaud froid, s'attarde -un peu malgré elle- dans un restaurant basque, fréquente un garçon nommé Exène et téléphone à son père.
Sa mère est morte.
Depuis lors, une seule question reste en suspens : qui l'a tuée ?

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Mon avis :

Mélinda s'ennuie de son travail, de sa petite vie parisienne. Mais un jour tout pourrait bien changer...


C'est une histoire complètement barrée, surprenante, celle d'une épopée folle délicieusement fantasque et fumigène. Un thriller qui démystifie le genre à lui tout seul.

L'auteur change les codes, s'en amuse d'une juste logique déconcertante. Son écriture est singulière, brute, colorée, percutante. Elle ne s'encombre pas de banalités, de tournures toutes faites et attendues. Non, elle va là où elle le désire en jouant avec les mots et s'inventant un univers inédit et bien à elle. À travers ce récit, on s'insinue dans le trouble inextricable ; on avance sans comprendre et on nous retourne le cerveau. Les personnages nous surprennent dans leur absence de corps et de matière. Sont-ce des figures abstraites, des hologrammes ?

Il y a de l'aplomb et beaucoup d'esprit. C'est un peu aigre, acide, parfois. Ce roman raconte l'histoire d'une tragédie vertigineuse. L'atmosphère est totalement surréaliste. Folie douce, pure ou furieuse, j'hésite encore. En tout cas, il y a une maîtrise à ce que les mots s'accordent et donnent le ton à la mesure des maux.

Un roman inclassable qui se veut expression, sans attente ou quelconque soupçon. Une expérience fantasmagorique et fascinante à tenter !

Citation :
"Je suis une pinocchio binoclarde avec un ultra-nez tellement mes songes me semblent mensonges..."

 

A propos de l'auteur :

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A Propos de Marianne BP :
Marianne BP a 33 ans. Elle est née en banlieue parisienne.
Comme son héroïne, elle est ironique, sensuelle, tranchante. Avide de liberté.
Elle aime le hip-hop et surtout « les rapports textuels non protégés : les mots sont
tout et rien à la fois. La langue évolue. Il faut entendre que l'on n'est pas forcé d'être issu d'une famille de grands lettrés pour avoir accès à la littérature, l'aimer et jouer avec elle. Et puis la Culture évolue : elle émane de chacun pour être sculptée par tous.
En somme, Mélinda m'a aidée à entrer dans un modelage de matière littéraire ».

Poète, auteure, interprète et vidéaste, Marianne BP exprime ses points de vue en nouant images et mots.
Son style vogue entre chocs, ruptures et délicatesse. Elle suit ses pieds, ses doigts et son cœur.
Une ouverture et une sensibilité particulières qu'elle met aussi au service des autres, dans différents domaines : spectacle vivant, poésie, chant, fashion-film, documentaire.

http://www.mariannebp.com/

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01 février 2017

"Pour l'amour de Mathilde" de Louis Caron aux Éditions l'Archipel

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"Pour l'amour de Mathilde" de Louis Caron aux Éditions l'Archipel

Louis Caron : un récit fort et émouvant

 

Pour l'amour de Mathilde

Printemps 1939. Henri Ramier, peintre français renommé, est accueilli au Canada français par Félix Métivier, le plus important entrepreneur forestier de son pays, qui lui ouvre les portes de son royaume. Henri est séduit par la démesure de la nature… et par la forte personnalité de Mathilde Bélanger, l’infirmière aux longs cheveux blonds et aux épaules carrées, qui veille sur les milliers de bûcherons répartis dans l’immensité de la forêt...

http://www.editionsarchipel.com

 

Mon avis :

Alors qu'Henri Ramier, illustre peintre français est accueilli dans un domaine forestier au Canada. Il tombe sous le charme de la jeune Mathilde infirmière. Leurs différences vont les rapprocher et leur faire vivre un destin exceptionnel au cœur de la Seconde Guerre mondiale...

C'est une histoire puissante et qui déborde d'intenses émotions comme on les affectionne. On puise au fond d'une nature sauvage, belle, foisonnante, à son contact les gens sont bruts, sincères et prêts à affronter les rudesses de la vie.

Entre Mathilde et Henri le rapprochement est évident, naturel. Il est attiré par sa force, son courage, elle est séduite par sa sensibilité exprimée. D'épreuves en séparation, ils garderont dans leur cœur, l'étincelle et l'affection d'un amour inoubliable et qui ne meurt jamais... L'auteur nous malmène dans ce parcours cahoté de la vie. On suit avec tendresse leurs chemins respectifs dont on espère qu'ils se rejoindront à nouveau... L'atmosphère est intense, éprouvante au cœur du conflit. On aime le caractère volontaire, brave des personnages. Mathilde est une femme prête à relever tous les défis. On ne peut que s'incliner devant sa détermination à veiller sur les autres plus qu'elle-même.

L'écriture est vivante, authentique et nous touche au plus profond du cœur. On vit à travers les missions, leurs choix et leurs incroyables connexions dont on sent qu'elles peuvent tout dépasser.

Entre la France et la Mauricie, nos deux héros nous catapultent loin dans leur destin d'exception. Une fresque sentimentale captivante à lire et à dévorer !

Citation :
"..._Oh ! Je n'ai peur ni du vent, ni du froid, ni des plus effroyables tempêtes de neige. J'ai la résistance physique et mentale qu'il faut pour affronter cela."

 

A propos de l'auteur :

caronlouis

Louis Caron est né à Sorel en 1942, sur les rives du Saint-Laurent. Ses romans, notamment la trilogie des « Fils de la liberté » (Boréal, 1989-1990), ont fait sa réputation de conteur et d’écrivain populaire. Héritier spirituel d’Hemingway et de Giono, il a pris à Jim Harrison sa devise : « Il n’y a pas de vérité. Que des histoires. » Après la trilogie des « Chemins du Nord » (1993-99), les éditions de l’Archipel ont publié Il n’y a plus d’Amérique (2002),  ainsi que Le Visionnaire (2015), premier tome de la saga « Le Temps des bâtisseurs ». (source éditions l'Archipel)

20 décembre 2016

"Je m'appelle requiem et je t'..." de Stanislas Petrosky aux Éditions Lajouanie

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"Je m'appelle requiem et je t'..." de Stanislas Petrosky aux Éditions Lajouanie

Stanislas PetroskyUn polar pêchu et endiablé

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Je m'appelle requiem et je t'... de Stanislas Petrosky

Moi, vous ne me connaissez pas encore, mais ça ne va pas tarder. Je m’appelle Estéban Lehydeux, mais je suis plus connu sous le nom de Requiem. Je suis curé, ça vous en bouche un coin ?

Oubliez tout ce que vous savez sur les prêtres classiques, je n’ai rien à voir avec eux, d’autant que j’ai un truc en plus : je suis exorciste. Je chasse les démons.

Bon pas tous, parce que je dois d’abord gérer les miens, surtout quand ils font du 95 D, qu’ils dandinent du prose et qu’ils ont des yeux de biche.
Chasser le diable et ses comparses n’est pas de tout repos, je ne vous raconte pas. Enfin si, dans ce livre.

Ah, un dernier détail : Dieu pardonne, moi pas…



http://www.editionslajouanie.com

 

Mon avis :

Esteban Lehydeux n'est pas un prêtre comme les autres. Exorciste et bon vivant, il traque et débusque les travers humains avec la gouaille et l'esprit qui le caractérise. Ce drôle de personnage nous emmène dans une sale histoire, si le cœur vous en dit ?

Si vous vous vous faisiez une idée de la prêtrise avant de débuter ce roman, laissez tomber, vous êtes sûrement à côté de la plaque. Parce qu'Esteban, croyez-moi, il "déménage" carrément !

Il n'a pas froid aux yeux, ni sa langue dans sa poche et sa vision du christ peut en dérouter plus d'un. Dans un contexte d'infiltration, Esteban se met en danger et se retrouve dans des situations ô combien épineuses. C'est cocasse et irrévérencieusement drôle. On aime le choix de narration et la proximité créés avec le lecteur.

L'écriture est amusante, vertueuse, fantasque. L'auteur prend un plaisir allègre à choquer autant qu'à divertir. L'enquête nous entraîne dans des crimes glauques et barbares. On est de tout cœur au côté d'Esteban et comme lui, on veut que les coupables paient. L'intrigue est rythmée, cela passe très vite et on se prend complètement d'affection pour ce prêtre irrésistible et décadent.

Un vrai régal, une insoupçonnable révélation, un énormissime coup de cœur. On ne demande qu'une chose, il y aura-t-il d'autres aventures d'Esteban ? Un conseil, accrochez-vous et laissez le charme agir...

Vous n'allez quand même pas vous dégonfler !!!

Citation :

"Eh oui, je le confesse à toi lecteur, mon ami, mon frère, je crois que ce qui m'a fait entrer dans les ordres, ce n'est pas seulement ma foi en Dieu, c'est aussi et surtout mon désir de combattre le diable."

 

A propos de l'auteur :

StanislasPETROSKY

L’individu qui se cache derrière le pseudonyme de Stanislas Petrosky est français et vit en Normandie, à quelques kilomètres du Havre. Sa profession, thanatopracteur, n’est probablement pas pour rien dans son goût pour le crime et l’humour… noir.

Cet auteur atypique voue un culte immodéré à Frédéric Dard. Sa plume est trempée dans la même encre. Résultat, on se passionne, on se gondole, on frémit, bref on se régale. La preuve c’est Nadine Monfils, la mère de Mémé Cornemuse et d’Evis Cadillac qui signe la préface.

02 novembre 2016

"La légende céleste : les Élus" tome 2 d'Inès LB

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"La légende céleste : les Élus" tome 2 d'Inès LB

 

Résumé :

Eileen vient d’avoir seize ans. Après une première année de Seconde mouvementée au cours de laquelle elle a découvert qu’elle était une Élue, a rencontré son ange gardien et a dû combattre deux Ombres aussi puissantes que terrifiantes, elle n’aspire plus qu’à une seule chose : qu’on la laisse tranquille avec son ange gardien ! Malheureusement, les choses ne sont pas toujours aussi simples. La rentrée approche et cette nouvelle année promet d’être riche en émotions : une nouvelle vie dans une nouvelle maison, des entraînements intensifs avec Ange, la découverte – enfin ! – du Monde Céleste, des sorties entre amis, des rires, des larmes et… une Légende.
Eileen parviendra-t-elle à garder secrète sa relation avec son ange gardien ? Quel sombre secret les menace ? L’amour sera-t-il plus fort que la haine ?

Prix Amazon Kindle : 2,99€ / Prix Broché : 12,99€

 

Mon avis :

C'est la rentrée des classes pour Eileen et ses amis. Le destin de cette héroïne est unique et particulier. Amoureuse de son Ange gardien et condamnée à un amour impossible, elle doit faire face à de graves embûches et se familiariser à un monde qui lui était jusqu'à peu inconnu...

Quel plaisir de retrouver l'univers créé par Inès LB, on se sent tout de suite un petit peu chez nous enveloppés dans un cocon de bien être et d'immense plénitude. Eileen n'en a pas fini de son apprentissage et de ses découvertes avec le monde céleste d'Ange, son amour interdit.

L'immersion est limpide, envoûtante et ce que nous y voyons, correspond à nos projections intimes et secrètes. Le rêve fait partie de l'aventure avec ses sublimes décors, cette nature belle et luxuriante et la magie qui les entourent. Mais la lumière n'exercerait pas son pouvoir ensorcelant et captivant sans la menace des ombres. L'auteur sait jouer sur ces deux tableaux et nous inviter aux mystères d'une légende aussi intrigante que déterminante.

L'écriture est fluide, actuelle et entraînante. On se laisse porter par une brise céleste et chatouiller par les flammes des périls. On aime les liens de complicité et d'indéfectible amitié entre les personnages, mais aussi les conflits et les coups de sang pour lesquels, on frémit et on vacille. Avec beaucoup d'amour, d'infinie tendresse et un soupçon d'humour, on parle de loyauté, de confiance et de dépassement de soi. L'amour avec un "grand A" transpire ici dans toute sa dimension. Du beau dans son essence et dans sa plus pure conception.

Ce roman nous entraîne loin et pourtant au plus proche de notre imaginaire. Il flirte entre désir ultime, combat véritable, totale et indescriptible fascination. Les anges et leur mythologie n'ont pas fini de murmurer à vos oreilles.

A vous, à présent d'écouter ce qu'ils ont à vous dire...

Citation :

"Puis-je me sentais aspirée vers le haut, comme si quelqu'un me tirait vers le ciel, et soudain je repris conscience avec mon corps assis dans le trône en lierre, mes bras détendus posés sur les accoudoirs et mes pieds reposant sur le sol. Je n'avais pas bougé d'un pouce pendant deux heures, pourtant je venais de vivre une aventure unique et merveilleuse."

coeur

10 octobre 2016

"Les chemins de Garwolin" d'Evelyne Dress aux Éditions Glyphe

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" Les chemins de Garwolin" d' aux Éditions Glyphe

 

Après le décès de son père, Sylvia Gutmanster se lance à vélo dans un pèlerinage à travers la Pologne, sur les traces d’une enfance qu’elle veut ranimer. Mais ce qui est demeuré invisible doit peut-être le rester. Pour elle, le passé revient et se mêle au présent. Les personnages d’autrefois, réels ou mythiques, lui répondent comme dans un jeu de miroir.
Au terme de ce voyage, la voix intérieure, qui hante Sylvia depuis toujours, trouvera-t-elle enfin la paix ?

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ROMAN sortie Octobre 2016 ; ISBN : 978-2-35285-097-7 ; 280 pages ; Prix public : 18,00 euros


Mon avis :

A la mort de son père, Sylvia ressent le besoin impérieux de retrouver ses racines. C'est en Pologne, en Hollande, en Belgique et en France qu'elle va vivre l'expérience de renouer avec son histoire et peut-être apaiser sa voix intérieure...

Je ne m'attendais pas à découvrir autant de charme, de magie et de puissance en ouvrant ce roman. L'auteur nous livre de l'émotion à l'état brut avec une poésie indéfinissable. La disparition d'un père amène tellement de questions...

C'est la quête de ses origines, une aventure irréelle dans toute sa dimension qui va porter Sylvia sur ce chemin. Bercée entre rêve et intuition, ce pèlerinage est erratique et à la fois mystique. Il revient sur un passé douloureux, des zones d'ombres, des secrets... Accompagnée d'un prêtre à l'histoire insolite, la route se fait joyeuse, surprenante et troublée.

L'écriture est belle, profonde. On se laisse couler et envoûter par les mots pour relier les maux. C'est le moment des questions sur soi, les mystères de la vie autant dans la transmission que dans la connexion... On aime le retour à l'essentiel dans son essence même.

C'est une histoire d'amour universelle, dans sa foi, dans sa chair. Un roman qui ne reste pas en surface et qui nous transporte loin en terres inconnues et qui nous invite à nous plonger en nous-mêmes.

Un récit bouleversant, travaillé à la mesure des sentiments exprimés. Un livre à lire, à savourer, à éprouver pour votre plus grand bonheur !


"Ta meilleure alliée n'est pas quelqu'un d'extérieur à toi, Sylvia, c'est la voix qui est en toi. Ta voix, c'est ton âme. Et ton âme sait toujours ce qu'il faut savoir."

 

A propos d'Evelyne Dress

 

Evelyne Dress

Evelyne Dress est écrivain, artiste peintre, comédienne, réalisatrice au cinéma et productrice. Vous avez pu la voir dans plusieurs pièces de théâtre, et une dizaine de films dont « Et la tendresse, bordel ! ». Elle a déjà écrit cinq livres tels Fort comme l'amour ; Les tournesols de Jérusalem et Pas d’amour sans amour. Ce dernier a été mis en scène au cinéma et réalisé par Evelyne Dress elle-même... (Source Babelio)

Les Chemins de Garwolin est donc son sixième livre.