05 octobre 2017

"Paysage perdu" de Joyce Carol Oates aux Éditions Philippe Rey

Paysage Perdu

 

"Paysage perdu" de Joyce Carol Oates aux Éditions Philippe Rey

Joyce Carol Oates : Un récit introspectif

 

Paysage perdu

C’est avec un mélange d’honnêteté brute et d’intuition acérée que Joyce Carol Oates revient sur ses jeunes années. Son enfance pauvre dans une ferme de l’État de New York fourmille de souvenirs : ses parents aimants, ses grands-parents hongrois, les animaux, la végétation, le monde ouvrier, l’école.

Ces années lui offrent à la fois un univers intime rassurant, mais un univers limité, cerné par des territoires inaccessibles, propices à enflammer l’imagination de la jeune fille qui trouve là ses premières occasions de fiction. Des territoires où la mort rôde et où les êtres souffrent : cette maison dans la forêt où les enfants sont battus par un père ivrogne qui y mettra le feu ; sa camarade Cynthia, ambitieuse élève qui se suicidera à l’âge de dix-huit ans ; sa soeur cadette autiste, Lynn Ann, qui deviendra violente au point de déchirer littéralement les livres de son aînée…

http://www.philippe-rey.fr

 

Mon Avis

Joyce Carol Oates nous ouvre les portes de sa vie, son vécu, son expérience qui ce qui fait d'elle un jour l'écrivain qu'elle est aujourd'hui. Entre imaginaire et réalité émerge le travail créatif, l'écriture, le talent...


Joyce Carol Oates fait le chemin à l'envers. Elle part de ses racines, de son enfance, de ses influences pour aller à son parcours de vie et d'écrivain.

Avec discrétion et je crois beaucoup d'honnêteté, elle dévoile sa nature profonde, sa relation à l'extérieur et au monde. On découvre sa singularité, son milieu, son histoire, le rôle des rencontres. Elle fait défiler, elle égrène les souvenirs qui ont forgé son goût pour les lettres et sa personnalité profonde. Chez elle, tout est nature à réflexion, à évasion. On aime ce caractère indépendant, volontaire et affirmé. On suit son parcours avec curiosité et intérêt.

On aime l'aspect touchant qu'elle donne aux gens à travers sa plume lucide et vraie. Elle ne nous cache rien des difficultés rencontrées, des peurs, des pertes endossées. Elle évoque non sans humour et tendresse des anecdotes chères à l'enfance. Avec elle, on traverse les années avec recul sans doute et humilité. Ce récit est une aventure à lui tout seul, suspendu dans l'espace-temps, éprouvant le rêve à l'intérieur de la réalité.

Il faudra se laisser guider par les mots, s'imprégner, pour saisir, comprendre la substance. Joyce Carol Oates est certainement née écrivain, une aptitude acquise qui ne dément pas ce "Paysage perdu".

 

Citation

"Je n'avais pas considéré qu'écrire puisse permettre d'être indépendant ni constituer une carrière ; écrire venait de mon moi le plus profond et le plus intime, et ne pouvait avoir aucun rapport avec le fait de gagner sa vie."

 

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Posté par SophieSonge à 14:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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11 septembre 2017

"Un jour, tu raconteras cette histoire" de Joyce Maynard aux Éditions Philippe Rey

jour histoire

 

"Un jour, tu raconteras cette histoire" de Joyce Maynard aux Éditions Philippe Rey

Joyce Maynard : Un récit fort et émouvant

 

Un jour, tu raconteras cette histoire

Après un mariage raté, un douloureux divorce et quelques brèves histoires, à cinquante-cinq ans, Joyce Maynard n’attend plus grand-chose des relations sentimentales. Et pourtant. Sa rencontre avec Jim vient tout bouleverser : l’amour comme elle ne l’imagine plus, celui qui va même lui faire accepter de se remarier.

En 2014, après trois ans d’une romance tourbillonnante, on diagnostique chez Jim un cancer du pancréas. Au cours des dixneuf mois qui suivent, alors qu’ils luttent ensemble contre la maladie, Joyce découvre ce que signifie être un véritable partenaire, en dépit de la souffrance, de l’angoisse, du désespoir qui menace à chaque instant.


http://www.philippe-rey.fr

 

Mon Avis

Joyce Maynard ne s'attendait plus passée cinquante ans à rencontrer et vivre l'amour, le vrai. Et pourtant avec Jim, elle va comprendre la valeur des échanges et du partage jusqu' à ce que la maladie de Jim les séparent...


Comment ne pas être bouleversé par ce témoignage amoureux qui va au-delà de la souffrance, du combat que ce couple aura mené pour avoir une petite chance d'avoir un avenir ensemble ?

Joyce lève le voile sur leur passé respectif, les difficultés qu'ils ont eu à trouver le bonheur et l'être aimé. On aime leurs accords imparfaits, mais qui sonnent tellement bien. Ils vivent les petits moments, leurs rêves, leurs peurs, leurs espoirs avec l'intensité, la tendresse qui transpire de leur relation. Avec humilité, Joyce nous raconte la puissance de son amour pour cet homme qu'elle ne veut pas voir mourir. Elle évoque celui qu'il est en dehors de ce cancer qu'elle exhorte à quitter son corps. Elle retrace leurs voyages, leurs goûts musicaux ou pour la bonne chair. Malgré la douleur au quotidien, les épreuves endurées, ils s'efforcent au cours de ces dix-huit mois de déclin à donner le meilleur d'eux-mêmes. Apparaissent le déni, la révolte et le temps de l'acceptation chacun à leurs tours avec ce qu'ils ont à communiquer.

L'écriture est sensible, exprimée avec finesse et ouverture. Le ton n'est pas larmoyant. Joyce offre un beau témoignage qui honore la mémoire de son mari et l'amour qu'ils se portaient.

Jusqu'au bout, et même au-delà, leur histoire si courte et si intense ne se limite pas dans le temps tant qu'il y aura des sentiments.

 

Citation


"Aussi inconfortable, désagréable et dévastatrice que soit notre vie, nous la partagions et c'était cela le mariage."

"L'histoire de Jim était devenue inséparable de la mienne..."

 

Beandeau - jour histoire