14 décembre 2017

"Jean-Claude et les sept téléphones" de Daniel Ziv aux Éditions Z4

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"Jean-Claude et les sept téléphones" de Daniel Ziv aux Éditions Z4

Daniel Ziv : Le temps qui passe...

 

7telephones

Jean-Claude et les 7 téléphones

Un livre en pensant à mon frère Jean-Claude qui nous a quitté bien malgré lui, le mardi 27 mai 2013 au matin. Mais ce n'est pas un livre triste. Jean-Claude passait sa vie suspendu à 6 ou 7 téléphones à la fois, à courir le monde, peut être à la recherche du temps, on ne saura peut être jamais.

http://z4editions.fr

 

Mon Avis

L'auteur nous offre ici ses pensées en vrac, hétéroclites, tout azimut sur le temps qui défile inexorable et ne se rattrape pas. Il nous confie ses souvenirs, ses humeurs, ses influences dans une joyeuse sarabande.

Avec l'âge vient la sagesse, l'heure des bilans que l'on veut graves ou festifs. La plume est facétieuse, gourmande, parfois lourde de sens. On évoque la disparition, la mort, on célèbre la vie...

On revient sur ces années insaisissables, parce qu'elles sont passées et qui ont fait ce que l'individu est aujourd'hui. C'est un discours lucide, provocateur et un remarquable témoignage d'amour et d'affection à la mémoire d'un frère disparu. Tout porte ici à évoquer, éprouver et se souvenir et pourquoi par inventer une parole, dont on sait qu'ici, elle ne sera plus...

Une bien jolie réflexion sur notre passage fulgurant ici-bas, à saisir autant que se peut à bout de bras. Un récit idéal, fantaisiste, croyez-vous ? Pour autant, il n'y a que perception et expression des sentiments...

Citation

"Mais oui, le temps ce n'est peut-être qu'une histoire qui n'existe pas ; peut-être que la vie d'ailleurs n'existe pas non plus, que nous ne sommes qu'un rêve venant d'une autre dimension."

 

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"Montmartre ensorcelé" d'Alexis Boucot aux Éditions Marivole

Montmartre ensorcelé

 

"Montmartre ensorcelé" d'Alexis Boucot aux Éditions Marivole

Alexis Boucot : Un récit envoûtant

 


Le cœur de Montmartre et ses personnages hauts en couleur, le boulevard de  Clichy et ses cabarets, la Belle Époque de l’insouciance et du divertissement, celui du vieux Paris de 1900 qui vit les sursauts du progrès, du modernisme et de l’urbanisation. C’est aussi le décor pittoresque du maquis que traversent les besogneux, les artistes et les rôdeurs du soir. Quant aux enfants de cette histoire, ils aspirent à la liberté et à l’aventure hors de l’orphelinat. La magie apparaît au coin de la rue comme une échappatoire à leur mauvaise fortune. Elle les mène au mystérieux château des Brouillards puis dans les sinistres catacombes. Le surnaturel fait irruption dans un récit à suspense truffé de rebondissements. L’auteur restitue ici une époque de la vie parisienne à la frontière de l’étrange et du merveilleux, un genre qui n’est pas sans rappeler celui de la fantasy urbaine.

 

Mon Avis

 

Paris, 1900, la Belle Époque : les enfants de l'orphelinat de la Charité subissent une autorité qu'ils ont du mal à supporter quand le rêve de Joane suscite le début d'une drôle et extraordinaire aventure...


Ce roman est une carte postale rayonnante du Paris de la Belle Époque. On y retrouve sa folie, son effervescence. On déambule dans les rues de Paris de ce début du siècle avec l'émerveillement au fond des yeux.

Tout est prétexte à sentir, entendre, observer : on est fasciné par le côté faste, mais aussi bohème, on est électrisé par l'émergence du progrès, de la science... Au milieu de ce Paris foisonnant, excentrique se révèle une histoire teintée de fantastique. Aux côtés des enfants orphelins, nous serons transportés par le sort, la magie auxquels, ils seront confrontés. On aime la spontanéité des personnages, leur curiosité, leur courage à aller aux devant des ennuis...

L'écriture est enveloppante quand le sombre côtoie le merveilleux. Il se dégage de ce récit, une énergie poétique. Montmartre regorge de recoins, de surprises, la description de l'ambiance, des lieux est à la hauteur de nos attentes. On se sent flotter, on est transcendé par notre lecture qui nous habite page après page.

Il y a de la tension, de la magie, du suspens. On est séduit par le fabuleux, à la frontière du réel qui suspend le moment un peu hors du temps. Ce roman défile, et à la fois se savoure de bout en bout pour votre plus grand enchantement...

Citation

"Elle ne s'en aperçut pas tout de suite, mais elle avait la tête auréolée d'une faible lueur bleue, comme si elle eut été un ange. Son cœur battait fort. Puis elle eut un pressentiment et, se dressant sur sa couche, vit l'étrange lumière. Elle se tournait vers la fenêtre. Elle en était sûre. Il était là, le regard fauve luisant tout comme la gemme qu'elle découvrait sur le lit."

 

A propos de l'auteur

Alexis Boucot signe ici son troisième roman. Il est  passionné par la littérature, le jazz et l’Histoire. Dans ce dernier roman il démontre une nouvelle fois qu’il dispose de cette qualité  personnelle dans l’emploi des mots qui n’appartient qu’à lui et qui rend la lecture de sa prose agréable. Une plume qui sait également poser de façon habile une intrigue originale pour que la fin soit ingénieuse.

 

Bandeau - Montmartre ensorcelé

11 décembre 2017

"Journal d'un notaire de campagne" d'Alain Lebrun aux Éditions Marivole

Notaire

 

 

"Journal d'un notaire de campagne" d'Alain Lebrun aux Éditions Marivole

Alain Lebrun : Un caractère fort et authentique

 

 

Journal d'un notaire de campagne

Collection : Années 60
Auteur : Alain Lebrun
14 cm x 22,5 cm ; 248 pages ; 20 euros
1960, à Saint-Fly-en-Bray, commune rurale de 1 500 habitants. Fraîchement installé, maître Louis découvre un monde en pleine métamorphose. Arrivée du franc lourd, mécanisation, démantèlement des fermes...

http://marivole.fr

 

Mon Avis

1960, maître Louis notaire, prend ses fonctions dans le village de Saint-Fly-en-Bray. C'est le début pour lui d'une belle aventure humaine avec le monde rural et ses habitants qui commence...


C'est une jolie fresque au cœur des campagnes que l'on nous propose ici. À travers les actes notariés Louis va découvrir l'intimité, les difficultés des citoyens. Il va assister aussi à un bouleversement dans la vie agricole.

On suit son arrivée et sa manière d'évoluer avec un regard curieux et amusé. Petit à petit, on éprouve beaucoup de respect pour cet homme qui on le sent, aime profondément les gens. Plus qu'un notaire, un conseiller, un médiateur, il devient pour certains un confident, un ami... L'écriture est sincère, vivante, l'auteur a un vrai don pour donner du relief à son récit. On sourit des anecdotes, on est peiné par les malheurs qui s'abattent sur les familles. Il se dégage une véritable force de ce récit, une infinie tendresse...

À travers ce roman, on ressent très fort les liens entre les hommes, la pierre, la terre, les animaux.

Simple et profond, vous y trouverez un moment d'une rare intensité à savourer les rencontres et les péripéties variées.
 

Citation

"Au retour, je passai devant l'église au moment même de la sortie de la messe. Les pratiquants de Saint-Fly discutaient sur le parvis. On y évoquait le blé en herbe déjà haut, la floraison des arbres fruitiers plutôt prometteuse, et la belle saison qui démarrait peut-être un peu trop tôt."

 

A propos de l'auteur

Alain Lebrun propose ici son quatrième roman. L’auteur avait été remarqué dès son premier opus puisque L’Enfant du Pont du Diable a obtenu le prix du « premier roman » du Lion’s Club Picardie et le deuxième, Un souffle de liberté, a été sélectionné par plusieurs clubs. Le journaliste littéraire Philippe Lacoche a résumé ainsi cet auteur : « Rien ne prédisposait Alain Lebrun à devenir romancier (…) habile et élégant, à la fois d’une grande simplicité et d’une belle efficacité. Son sens des dialogues et des personnages donne à ses livres une couleur sincère et juste qui leur procure un charme indéniable. »

08 décembre 2017

"Un amour au long cours" de Jean-Sébastien Hongre aux Éditions Anne Carrière

 amour long cours

 

"Un amour au long cours" de Jean-Sébastien Hongre aux Éditions Anne Carrière

Jean-Sébastien Hongre : L'amour, le combat de tous les instants

 

Un amour au long cours

Un amour au long cours Par Jean-Sebastien Hongre
Existe-t-il une formule magique pour qu'un couple résiste au temps qui passe, à la pression du quotidien ? Anaïs et Franck y croient, ils ont décidé de tenir bon contre vents et marée. Au fil des années, ils ont mis au point des astuces, forgé des règles de vie qu'ils ont écrites et affichées sur leur frigidaire. Ainsi est née la « Constitution du couple » qu'ils ont établie pour se guider et se soutenir de jour en jour...

 

Mon Avis

Anaïs et Franck éprouvés par l'image du couple de leurs parents respectifs, se sont organisés au cours de leurs années communes autour de règles de conduite de survie du couple... Par un échange de messages interposés, ils reviendront sur leur parcours et chercheront à aller ensemble toujours un peu plus loin...


Ce roman nous plonge dans les filets complexes de l'amour, de l'union, de la vie de couple. Parce qu'il ne suffit pas d'aimer pour résister, Anaïs et Franck ont décidé très tôt de cerner les difficultés et d'y apporter leur réponse dans ce qu'ils appellent "la constitution".

De souvenirs, en souvenirs, ils reviennent sur ce qu'elle leur a appris, apporté. On est touché par cet échange douloureux, passionné, intimiste. Il y a un petit côté funambule à se faire vaciller, à prendre des risques. L'écriture est très juste, exprime la complexité intense des sentiments : les différences qui éloignent, les distances qui rapprochent (à moins que ce ne soit le contraire). On éprouve de la joie, de la mélancolie, de l'amour, de la tendresse pour ce couple qui a traversé les années dans une apparente sécurité alors qu'ils subissaient d'accaparantes turbulences...

C'est un roman bouleversant dans les aveux, les incohérences, l'imperfection. Ce couple forme avec conviction, ferveur, la puissance et l'harmonie de leurs accords. Ils nous racontent, qu'il n'y a pas d'histoire écrite ou parachevée. Leur histoire fragile et forte nous rend plus tolérant, moins réactif et infiniment plus sensible. Peut-être plus confiant aussi.

Pour se trouver et se retrouver, faut-il sans doute, s'accorder du temps, la parole, l'espace nécessaire à la réalisation, la reformulation d'une vie à deux... Ensemble, ils l'ont compris, c'est un long chemin...

Citation

"Pour moi, c'était une discussion parmi toutes celles qui ont dessiné les contours de ce qu'allait devenir notre couple et institué la méthode : Ne pas subir. Agir. Décider. Réagir."

 

Bandeau - amour long cours

 

29 novembre 2017

"Baptiste" de Jean-Baptiste Renondin aux Éditions Marivole

Baptiste

 

 

"Baptiste" de Jean-Baptiste Renondin aux Éditions Marivole

Jean-Baptiste Renondin : Un roman attachant

 

Ce nouveau roman de Jean-Baptiste Renondin tient du voyage initiatique. Voyage d'un jeune étudiant français dans les années 1950, un peu comme celui de Bardamu, entre les deux guerres, du Voyage au bout de la nuit de Céline.

http://marivole.fr

 

 Mon Avis

Dans les années 1950, Baptiste, originaire du Limousin a soif d'aventure à l'aube de sa jeunesse. Elle va le conduire aux Etats-Unis où il va découvrir la vie et le sens des réalités. Ce sera pour lui l'occasion de se former, voire de se transformer...


Jean Baptiste Renondin nous propose un joli voyage du Limousin aux Etats-Unis, de l'adolescence vers l'âge adulte. Son héros Baptiste n'a pas cédé à la facilité pour passer cette étape. C'est en faisant le grand saut vers d'autres horizons, qu'il fera ses armes dans la vie, loin de ce qu'il a toujours appris.

Baptiste a la naïveté, l'insouciance de sa jeunesse qui pour tout est possible. Les Etats-Unis lui apportent un tout autre regard sur les relations humaines, amoureuses. On se laisse volontiers guider par cette initiation volontaire et plaisante au demeurant. On se laisse surprendre, fasciner par cette expérience grisante et inoubliable. Au-delà de l'effervescence, du nouveau, se niche quelque part, le poids et la question des racines. Très vite, Baptiste absorbe et intériorise toutes ses émotions...

On parle d'amour, de rêves, d'aventure, de nostalgie.

L'écriture est poétique, savoureuse, elle nous parle, nous touche tout simplement. On se prend d'affection pour ce jeune homme détenteur de ses premiers choix, d'homme en devenir.

Plus qu'un récit voyage, c'est une tranche de vie qui aura su nous séduire et nous marquer...
 

Citation

"Le temps s'écoulait. L'été indien donnait ses dernières lueurs et déjà les feuilles tombaient à la première bourrasque. J'étais mélancolique. Tous les matins, me rendant à l'université, je chantonnais les paroles d'Yves Montand " Et la mer efface sur le sable, les pas des amants désunis", s'agissait-il dans mon cœur de Sherry, de Christine ? Je ne sais pas"

 

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20 novembre 2017

"La fortune de François Thomasson" de Stéphane Boudy aux Éditions Complicités

Fortune

 

"La fortune de François Thomasson" de Stéphane Boudy aux Éditions Complicités

Stéphane Boudy : Capitalisme quand tu nous tiens...

 

Editions Complicités, éditeur de livres

Beaucoup de gens cherchent à être aimés. Vedettes de télévision, artistes, journalistes, politiciens... même à 80 ans ils recherchent encore un contact avec le public et ne souhaitent pas disparaître.
Ils y perdent beaucoup de temps et d’argent et leur vie toute entière, tout aussi bien.
Ping et Thomasson étaient des enfants, eux, qui à la naissance avaient déjà disparu.
Ils détestaient se montrer ou avoir à parler en public. Ils vivaient à Malakoff ou rue d’Avron, le porte-monnaie débordant mais cachés...


https://www.editions-complicites.fr

 

Mon Avis

François Thomasson est un employé de bureau modeste tout ce qu'il y a plus ordinaire quand sous les conseils de son banquier, il investit dans l'immobilier. Première transaction, mais certainement pas la dernière, pour un jeu enivrant et un enjeu bien plus conséquent encore...


Stephane Boudy nous offre un roman critique sur les lois du capitalisme. Son héros François, parti de trois fois rien est maintenant à la tête d'un patrimoine immobilier qui s'alimente de lui-même, ne cessant de croître ses intérêts, mais qui absorbe aussi toute sa vie.

Aussi grisant que dévitalisant et vide de sens finalement. Notre héros bien malgré lui se fait happer au fil des pages par tout un système fou, aliéné et perverti. François s'éloigne des valeurs, des sens des réalités. Il mime des codes, s'approprie un monde qui n'est pas le sien. L'écriture est simple, linéaire, sans artifices. Les actions sont répétées, chronophages, illimités. Impossible d'échapper à cette course à la réussite où il vaut mieux manger qu'être mangé. Un engrenage impitoyable, celui du calcul à la rentabilité. Il pointe le doigt sur le matériel, le collatéral, l'humain.

On parle de finance, de fraude, de piège qui se referme à la hauteur de l'empire érigé. La corruption n'étant jamais bien loin, on craint le scandale politique, un couac dans le rouage.

Le système a semble-t-il ses limites. Attention si la grenouille veut se faire plus grosse que le bœuf, elle pourrait bien finir par éclater...

 

Citation

"Le capitalisme a les limites du corps de son auteur. Il est dépendant des nuits de ce dernier, de tout ce qu'il est capable de supporter."

 

Bandeau - Fortune

17 novembre 2017

"Les affamés" de Bérénice Courrège

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"Les affamés" de Bérénice Courrège

Bérénice Courrège : Un roman tumultueux

 

les-affames

Les affamés

Une histoire du Rock’n Roll parisien. C’est comme ça que Roméo aurait voulu que je résume nos frasques et nos errances nocturnes, tissées d’ivresse et de débauche. Bien sûr c’est cela. Mais c’est surtout l’histoire de nos vies entremêlées, sur fond de guitares saturées et d’ambition musicale, de cocktails mondains et de liberté. Nous avions l’estomac creux et faim de tout, de rock, de sexe et de succès. J’avais faim de lui et lui de moi...

https://www.amazon.fr

 

 Mon Avis

Bérénice et Roméo fréquentent le même milieu, celui de la musique, du Rock'n'Roll. Épris de sensations, d'émotions et de liberté, ils se ressemblent, s'assemblent et se distordent à fleur de temps... Dans une alternance de points de vue, ils nous racontent leur histoire...


Ce roman, c'est de l'électricité, de la pure énergie. L'amour, la vie, ses combats à travers la musique et des passionnés. Des hommes, des femmes libres et étouffés par des carcans dans lesquels la multitude s'emprisonne et qu'eux réfutent en bloc.

Roméo et Bérénice sont des oiseaux de nuit, ivres de leur pouvoir de jouir de leur volonté. On aime la spontanéité de nos personnages, leur sensibilité, leur folie, leur force aussi. Il n'y a pas de calcul dans leur attitude, ils fonctionnent en synergie, à l'état brut et se répondent jusqu'à plus soif. On s'enivre, on s'embrume de leurs errances à travers les concerts, les fêtes, Paris.

L'écriture est à la mesure du rock, puissante, ascensionnelle, nerveuse et écorchée. On se laisse ballotter par les relations volages, infidèles. Amour, alcool, sexe et Rock'n'Roll se font l'écho d'une partie sacrifiée. On est séduit par le caractère amer et voluptueux de cette romance unique autant pulsionnelle que passionnelle. Ces humains n'obéissent à aucune règle sinon que la conduite qu'ils veulent bien se donner. Conscients de faire souffrir l'autre sans s'avouer en pâtir durement également. Dans une peur de vieillir, ils crament leur vie de leur jeunesse, à coups d'excès, à coups d'envies...

Ce roman nous rappelle et nous exhorte à vivre intensément, les remords valant bien mieux que les regrets.

Il faut être vrai, intense, pugnace parce qu'un jour, trop vite, on est plus...

Roméo et Bérénice nous clament et nous poussent simplement à exister !


Citation

"Sans doute, partageons... Nous un style de vie que la norme jugerait décadent ou déjanté, alors que le dirais simplement divergent."

 

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15 novembre 2017

"La conspiration de Chambord" de Dominique Labarrière aux Éditions Marivole

Chambord

 

"La conspiration de Chambord" de Dominique Labarrière aux Éditions Marivole

Dominique Labarrière : Un tableau ahurissant

 

 

La Conspiration de Chambord

Tout le pays est en effervescence. Le roi, le grand Louis XIV, vient à Chambord  goûter le divertissement de la chasse. La cour et l’arrière-cour se pressent. Grands seigneurs, belles dames, gentilshommes de moindre relief sont là. Colbert, l’omnipotent ministre du roi, celui qui fait tant d’ombre autour de lui et suscite tant de haines, y est lui-même attendu....

http://marivole.fr

 

Mon Avis

Alors que le roi Louis XIV se rend à Chambord, la cour s'agite et frétille autour de lui. En arrière-plan, se préparent des complots discrets, perfides, nous dit-on à demi-mots...


C'est un voyage fabuleux dans le passé aux temps des rois, des châteaux, de la noblesse, de Molière que nous propose l'auteur. On s'y embarque avec de la curiosité, on y goûte dès les premières lignes, sa langue, ses lettres, ses codes.

Dominique Labarrière nous y ouvre les portes d'un univers rayonnant fait d'ombres et de lumières. Au coeur de la Sologne gravite les conflits, les malaises, les malversations. Dans un jeu où tout n'est qu'apparences, on se jauge, on se cherche, on se cache, on s'admire, on se jalouse. Nos comparses nous intriguent dans cette danse du Menuet où s'expriment et se dissimulent petits conciliabules et grands secrets.

L'écriture est à la fois précieuse et affranchie, elle amuse, elle terrifie. Les personnages sont extrêmes, saisissants. On aime les décors, le faste d'antan. On s'y sent différent et transporté. Le temps de notre lecture, on se prête à la rêverie, aux déguisements. Ce roman goûte l'histoire, le patrimoine, il nourrit nos fantasmes, transpire la fourberie, le croustillant.

Monseigneur, gentes demoiselles : prenez place et veuillez-vous donner la peine d'entrer en scène...

Le spectacle va commencer ! ! !



 

Citation

"C'est que le roi_ le roi en personne ! _Louis le Grand, Louis le Quatorzième, allait venir à Chambord goûter le divertissement de la chasse."

 

Bandeau - Chambord

 

La conspiration de chambord

Format Livre Éditeur MARIVOLE
Date de publication 5 oct. 2017
Langue Français
ISBN-13 9782365754149 / ISBN-10 2365754147
Poids : 202.0g ; Dimensions : 140.0mm de 10.0mm
Prix : 20,00€


https://www.bookwitty.com


 

13 novembre 2017

"Avec elle" de Solène Bakowski / "Sans elle" d'Amélie Antoine

Avec Elle-Sans Elle

 

"Avec elle" de Solène Bakowski

"Sans elle" d'Amélie Antoine

Solène Bakowski et Amélie Antoine : Deux auteurs, deux alternatives, un contenu intéressant

 

Avec elle

Il était une fois une famille heureuse et unie.Des jumelles de six ans qui se ressemblaient comme deux gouttes d'eau.Des enfants fusionnelles qui grandissaient ensemble et s'adoraient.Avant de se jalouser et s'empoisonner.Il était une fois deux fillettes inséparables.
Pour le meilleur, ou pour le pire ?
Il était une fois une histoire qui n'a rien d'un conte de fées.

https://www.amazon.fr
Sans elle

Il était une fois une famille heureuse et unie.Des jumelles de six ans qui se ressemblaient comme deux gouttes d'eau.Des enfants fusionnelles qui grandissaient ensemble et s'adoraient.Jusqu'à un soir de feu d'artifice où l'une d'elles se volatilise brutalement.

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Mon Avis

C'est un projet atypique d'écriture auquel se sont exercé Solène Bakowski et Amélie Antoine. Elles proposent ici deux romans sur un même fond d'histoire avec des orientations radicalement différentes. Coline aurait-elle été la même avec ou sans sa sœur jumelle Jessica ?

Quel aurait été sa vie marquée par la forte personnalité de sa sœur au quotidien ou au contraire hanté par son absence ?

Avec "Avec elle" ou "Sans elle", Solène et Amélie nous dévoilent leurs petits secrets... Qui ne s'est jamais posé la question de savoir s'il en avait été autrement ?

Si tel évènement ou détail n'avait pas pesé, est-ce aurait été différent ?

Avec ces deux romans, les auteurs exaucent notre demande, notre souhait légitime de soupeser cette question, de poser les choses sous un autre angle... Elles racontent toutes deux la complexité, la fusion gémellaire. La difficulté d'être deux, pas identiques mais différentes. Dans "Avec elle", Solène pose l'influence de Jessica sur sa sœur, sa famille, ses proches... Leur relation est forte, ambiguë, pathogène, elles jouent toutes les deux d'une psychologie fine, ciselée et difficile à démêler...

Toutes les deux se complètent, s'attirent et se repoussent dans une relation qui n'appartient qu'à elles et dont personne ne peut nier le pouvoir d'exception. On est entraîné dans un tourbillon gémellaire aussi troublant que captivant. On ne s'étonne pas des dommages causés autant par la présence que des ravages générés par l'absence. Solène et Amélie chacune à leur manière, de leur écriture belle, soignée, déterminante nous donnent le vertige des profondeurs.

On est affligé, touché, on se brûle au délitement et au malheur... Ses personnages heurtent nos émotions que l'on retient, étouffés à demi-mot.

Si les routes sont infinies et nombreuses, on n'échappe sans doute jamais à son destin...

Citation

"Patricia songe que sans cette dispute, tout aurait peut-être été différent. Lorsque tout bascule, dans la vie, n'est-ce pas à chaque fois intimement lié à un petit détail qui aurait pu être différent, un détail insignifiant qui aurait pu changer toute la donne sans que jamais on ne puisse s'en douter ?"

 

Bandeau - Avec Elle-Sans Elle

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05 octobre 2017

"Paysage perdu" de Joyce Carol Oates aux Éditions Philippe Rey

Paysage Perdu

 

"Paysage perdu" de Joyce Carol Oates aux Éditions Philippe Rey

Joyce Carol Oates : Un récit introspectif

 

Paysage perdu

C’est avec un mélange d’honnêteté brute et d’intuition acérée que Joyce Carol Oates revient sur ses jeunes années. Son enfance pauvre dans une ferme de l’État de New York fourmille de souvenirs : ses parents aimants, ses grands-parents hongrois, les animaux, la végétation, le monde ouvrier, l’école.

Ces années lui offrent à la fois un univers intime rassurant, mais un univers limité, cerné par des territoires inaccessibles, propices à enflammer l’imagination de la jeune fille qui trouve là ses premières occasions de fiction. Des territoires où la mort rôde et où les êtres souffrent : cette maison dans la forêt où les enfants sont battus par un père ivrogne qui y mettra le feu ; sa camarade Cynthia, ambitieuse élève qui se suicidera à l’âge de dix-huit ans ; sa soeur cadette autiste, Lynn Ann, qui deviendra violente au point de déchirer littéralement les livres de son aînée…

http://www.philippe-rey.fr

 

Mon Avis

Joyce Carol Oates nous ouvre les portes de sa vie, son vécu, son expérience qui ce qui fait d'elle un jour l'écrivain qu'elle est aujourd'hui. Entre imaginaire et réalité émerge le travail créatif, l'écriture, le talent...


Joyce Carol Oates fait le chemin à l'envers. Elle part de ses racines, de son enfance, de ses influences pour aller à son parcours de vie et d'écrivain.

Avec discrétion et je crois beaucoup d'honnêteté, elle dévoile sa nature profonde, sa relation à l'extérieur et au monde. On découvre sa singularité, son milieu, son histoire, le rôle des rencontres. Elle fait défiler, elle égrène les souvenirs qui ont forgé son goût pour les lettres et sa personnalité profonde. Chez elle, tout est nature à réflexion, à évasion. On aime ce caractère indépendant, volontaire et affirmé. On suit son parcours avec curiosité et intérêt.

On aime l'aspect touchant qu'elle donne aux gens à travers sa plume lucide et vraie. Elle ne nous cache rien des difficultés rencontrées, des peurs, des pertes endossées. Elle évoque non sans humour et tendresse des anecdotes chères à l'enfance. Avec elle, on traverse les années avec recul sans doute et humilité. Ce récit est une aventure à lui tout seul, suspendu dans l'espace-temps, éprouvant le rêve à l'intérieur de la réalité.

Il faudra se laisser guider par les mots, s'imprégner, pour saisir, comprendre la substance. Joyce Carol Oates est certainement née écrivain, une aptitude acquise qui ne dément pas ce "Paysage perdu".

 

Citation

"Je n'avais pas considéré qu'écrire puisse permettre d'être indépendant ni constituer une carrière ; écrire venait de mon moi le plus profond et le plus intime, et ne pouvait avoir aucun rapport avec le fait de gagner sa vie."

 

Bandeau - Paysage Perdu

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