05 octobre 2017

"Paysage perdu" de Joyce Carol Oates aux Éditions Philippe Rey

Paysage Perdu

 

"Paysage perdu" de Joyce Carol Oates aux Éditions Philippe Rey

Joyce Carol Oates : Un récit introspectif

 

Paysage perdu

C’est avec un mélange d’honnêteté brute et d’intuition acérée que Joyce Carol Oates revient sur ses jeunes années. Son enfance pauvre dans une ferme de l’État de New York fourmille de souvenirs : ses parents aimants, ses grands-parents hongrois, les animaux, la végétation, le monde ouvrier, l’école.

Ces années lui offrent à la fois un univers intime rassurant, mais un univers limité, cerné par des territoires inaccessibles, propices à enflammer l’imagination de la jeune fille qui trouve là ses premières occasions de fiction. Des territoires où la mort rôde et où les êtres souffrent : cette maison dans la forêt où les enfants sont battus par un père ivrogne qui y mettra le feu ; sa camarade Cynthia, ambitieuse élève qui se suicidera à l’âge de dix-huit ans ; sa soeur cadette autiste, Lynn Ann, qui deviendra violente au point de déchirer littéralement les livres de son aînée…

http://www.philippe-rey.fr

 

Mon Avis

Joyce Carol Oates nous ouvre les portes de sa vie, son vécu, son expérience qui ce qui fait d'elle un jour l'écrivain qu'elle est aujourd'hui. Entre imaginaire et réalité émerge le travail créatif, l'écriture, le talent...


Joyce Carol Oates fait le chemin à l'envers. Elle part de ses racines, de son enfance, de ses influences pour aller à son parcours de vie et d'écrivain.

Avec discrétion et je crois beaucoup d'honnêteté, elle dévoile sa nature profonde, sa relation à l'extérieur et au monde. On découvre sa singularité, son milieu, son histoire, le rôle des rencontres. Elle fait défiler, elle égrène les souvenirs qui ont forgé son goût pour les lettres et sa personnalité profonde. Chez elle, tout est nature à réflexion, à évasion. On aime ce caractère indépendant, volontaire et affirmé. On suit son parcours avec curiosité et intérêt.

On aime l'aspect touchant qu'elle donne aux gens à travers sa plume lucide et vraie. Elle ne nous cache rien des difficultés rencontrées, des peurs, des pertes endossées. Elle évoque non sans humour et tendresse des anecdotes chères à l'enfance. Avec elle, on traverse les années avec recul sans doute et humilité. Ce récit est une aventure à lui tout seul, suspendu dans l'espace-temps, éprouvant le rêve à l'intérieur de la réalité.

Il faudra se laisser guider par les mots, s'imprégner, pour saisir, comprendre la substance. Joyce Carol Oates est certainement née écrivain, une aptitude acquise qui ne dément pas ce "Paysage perdu".

 

Citation

"Je n'avais pas considéré qu'écrire puisse permettre d'être indépendant ni constituer une carrière ; écrire venait de mon moi le plus profond et le plus intime, et ne pouvait avoir aucun rapport avec le fait de gagner sa vie."

 

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02 octobre 2017

"La maison de Petichet" d'Eveline Dress aux Éditions Glyphe

La Maison de Petichet

 

 

"La maison de Petichet" d'Eveline Dress aux Éditions Glyphe

Eveline Dress : Un roman tumultueux

 

 

La Maison de Petichet - Éditions Glyphe

Deux sœurs, Alma et Jessica – rivales mais inséparables, éprises de vérité mais capables de tous les mensonges –, sont unies au point d’aimer le même homme, Jacques.
D’été en été dans la maison familiale, on rit, on pleure, on chante, on crie, on se jette tout à la figure, objets, insultes, « csardas », les remords valant mieux que les regrets.

http://www.editions-glyphe.com

 

Mon Avis

Alma se rappelle ses souvenirs de vacances à Petichet chez ses grands-parents. Aussi loin qu'elle se souvienne, elle a toujours été amoureuse de Jacques, qui deviendra le mari de sa sœur. Elle se raconte avec sincérité et émotion sur ces années de mensonges, folies et trahison contre lesquelles on ne peut rien...


C'est un roman qui fait du bruit, celui de la vie. On est entraîné dans son tourbillon impétueux et incontrôlable. Alma est très différente de Jessica sa sœur aînée, libre, exubérante. On suit ses humeurs, ses envies, ses exigences avec mesure et l'appétit qui convient. On prend plaisir à côtoyer les personnages de cette famille unie par les rires, les colères, les manifestations de sentiments colorés, chamarrés et qui s'imposent à eux tout azimut.

L'écriture est tonique, parfois tendre et nostalgique. On effeuille les secrets, l'infidélité, le trouble d'une relation dangereuse et interdite. Nos héros se brûlent les ailes, se font du mal inlassablement et de manière inéluctable. C'est un récit vertigineux, ensorcelant et cruel.

Des jeux de séduction, d'effusion et d'aucuns ne sortiront indemnes et gagnants. Il y a une énergie dévorante et cicatricielle qui abîme et dévaste tout sur son passage. Derrière ces souvenirs à Petichet, il y a les fantasmes obsédants, l'insouciance et les choix défendus.

On s'y accroche, on s'y berce, on s'en libère peut-être un peu aussi. La passion n'est plus à nier et ne peut jamais vraiment s'oublier...

 

Citation

"La vie était simple à Petichet. Les femmes se promenaient après le dîner et les hommes jouaient aux cartes. Pour nous, c'était ça le bonheur : une accumulation de petits riens."

 

EvelyneDress_Petichet

25 septembre 2017

"Drôle de moisson" de Roger Judenne aux Éditions Marivole

 

Drole-de-moion

 

"Drôle de moisson" de Roger Judenne aux Éditions Marivole

Roger Judenne : Un roman fort et captivant

 

Drole-de-moion

Drôle de moisson Archives - Marivole Editions

L’exode ? Pour Lucien, pas de quoi abandonner la belle moisson qui s’annonce. A Verdun, en 14, il en a vu d’autres. Et puis, maintenant, la France possède sa ligne Maginot… Pourtant, un matin, c’est la panique. Le voilà contraint de partir avec sa petite famille. Objectif : la Loire, il faut franchir la Loire…

http://marivole.fr

 

Mon Avis

La Seconde Guerre mondiale est déclarée et Lucien ancien combattant ne peut s'empêcher de s'inquiéter pour la récolte et les moissons. Malgré le danger, la peur, l'exode, la nature et ses droits ne sauraient attendre indéfiniment...


C'est un roman que l'on parcoure intensément dans une France exposée et éprouvée par les prémices de la Guerre. On y fait connaissance avec une famille, un hameau de campagne.

Un fils, un mari, un frère enrôlé et pour lequel on se préoccupe, on s'inquiète. Des réfugiés qui progressent, que l'on dépanne et qui nous renseignent sur le climat général ambiant. On comprend les difficultés, l'horreur de la guerre alors que la vie, elle continue et bat son plein. On suit en alternance le récit de René soldat et de sa famille restée à la ferme. Ils ne sauront rien ou presque pendant le temps de leur exode, des péripéties rencontrées. Chacun à leurs manières et de leur côté, vont affronter les évènements et tout faire pour se retrouver. La moisson devient la préoccupation, mais aussi l'espoir que l'on tient au creux des mains.

On est ému par cette famille pudique, digne et pleine de ressources. Les Bailly nous retiennent autant par leurs maux que par leurs bonheurs. On se sent au fur et à mesure de notre lecture un peu plus proches d'eux et un peu comme chez nous.

L'écriture est vraie, emprunte de vérité et d'émotion. On aime les couleurs, le relief d'un moment gravé dans l'histoire de la France et des Français.

Un récit fidèle à la réalité du terrain de cette époque, avec le ressenti de militaires, mais aussi de civils. Une fresque qui nous procure des frissons petits et grands pour une moisson décidément pas comme les autres...

 

Citation


"On marcha comme des moutons, pendant des heures, ne regardant que le dos de celui qui précédait. Il ne fallait pas s'arrêter, il fallait avancer, avancer."

 

Bandeau - Drole-de-moion

12 septembre 2017

"Au sud de la frontière à l'ouest du soleil" de Haruki Murakami aux Éditions 10/18

 

SudSoleil

 

"Au sud de la frontière à l'ouest du soleil" de Haruki Murakami aux Éditions 10/18

Haruki Murakami : Attractive nostalgie

 

 

Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil

Hajime a connu pour la première fois l’amour en compagnie de la douce Shimamoto-San. Séparés par la vie, il n’a pourtant jamais oublié. Aujourd’hui, à l’aube de la quarantaine, Hajime est devenu un homme ordinaire et s’est construit une vie agréable entre sa famille et un métier qui lui plaît. Ce fragile équilibre résistera-t-il à ses retrouvailles avec Shimamoto-San ?

https://www.10-18.fr

 

 

Mon Avis

Hajime à l'aube de ses quarante ans a réussi professionnellement et sur le plan affectif, il aurait tout pour être heureux. Quand son amour d'enfance resurgit du passé, tout peut du jour au lendemain basculer...


C'est un roman secret, intime que nous dévoile ici l'auteur avec pudeur, profondeur, poésie. Il nous délivre des confidences intérieures, sentimentales.

De ses émotions vraies, partagées de l'enfance avec Shimato-san, Hajime gardera le souvenir de leur complicité et peut-être un goût d'inachevé. Ses apparitions fugaces, mystérieuses en pointillés sont pour lui le lit d'une torture insoupçonnée et intolérable. Elle deviendra dés lors, sa sublime obsession... Ce roman sur les actes manqués, l'absence, le silence dégage une myriade d'émotions prégnante, douloureuse et parfois réconfortante. On a tous au fond de soi, ce tiroir oublié qu'on garde près de son cœur avec tendresse. Les personnages ont leur originalité, préservent leurs propres jardins. Ils nous intriguent, nous attirent, nous troublent.

L'écriture est simple, mais pas vide de sens, elle nous conduit sur des chemins qui ne devraient jamais se juxtaposer. Passé, présent, fantasme, illusion se mêlent dans une danse cruelle, risquée et pénétrante.

On se laisse étourdir prêt à s'en rendre malade avant de reprendre conscience, on l'espère juste à temps...

Amour, volupté, interdit quand tu nous tiens... Rien ne sera jamais plus comme avant.

 

Citation

"Mais je m'étais retenu, je m'étais retenu pour rester dans un monde inanimé, désert comme la surface de la lune. Et peu après, elle était partie, et ma vie avait été perdue une fois de plus."

 

Bandeau - SudSoleil

08 septembre 2017

"La vie sauvage" de Thomas Gunzig aux Éditions Diable Vauvert

Couv-Thomas-Gunzig-La-vie-sauvage

 

"La vie sauvage" de Thomas Gunzig aux Éditions Diable Vauvert

Thomas Gunzing : Un petit bijou de roman

 

 

Couv-Thomas-Gunzig-La-vie-sauvage

Bébé rescapé d’un accident d’avion, Charles grandit dans la jungle africaine. Retrouvé par hasard le jour de ses seize ans et ramené à sa famille, il va découvrir les misères de la civilisation dans une petite ville du nord de l’Europe. La rage au ventre, il mettra tout en oeuvre pour retourner d’où il vient et où l’attend l’amour de sa vie.

Un magnifique roman d’amour, classique et drôle, lyrique et cruel, sombre et optimiste.

http://audiable.com

 

 Mon Avis

Charles a survécu à un accident d'avion alors qu'il était bébé. Il a vécu jusqu'à l'âge de l'adolescence en terre africaine. Bien malgré lui, il est retrouvé et part vivre chez son oncle, il n'aura dès lors qu'une énergie, un leitmotiv, retrouver l'Afrique et son amour...

C'est un roman submergeant d'émotions. On est tout de suite intrigué par l'histoire de Charles, mais c'est surtout sa personnalité charismatique et troublante qui va nous envelopper et nous coller à la peau.

Charles est un être à part, érudit, attentif à son environnement et doué d'une intelligence qui lui permet d'extraire le meilleur des relations sociales qu'il peut nouer. On est fasciné par ses capacités d'adaptation, de camouflage, de séduction. Ludique, grave, rusé, il tâtonne, s'insinue dans cette civilisation moderne comme un prédateur qui chasse sa proie. Il y a une énergie magnétique qui se dégage de ce récit, un pouvoir voluptueux, incisif que l'on a du mal à effacer.

L'écriture est brillante, lettrée. Elle nous attire, nous ensorcelle et nous abîme. On se laisse éblouir par la maîtrise du modus-operandi par la didactique ou encore la psychologie tandis que les couacs de la tragédie qui s'annonce, agressent nos ouïes. Par amour, Charles n'oublie pas d'où il vient et ce qu'il est, prêt à tout pour retrouver le goût de la vie, cru, essentiel et sauvage.

Sauvage, discipliné, déguisé, aiguisé, on ne sait comment définir ce roman aux multiples facettes. Il n'y a qu'un seul moyen pour vous de le découvrir : c'est de le humer, le lire, le provoquer et de le laisser faire. Et peut-être, pourquoi pas saura-t-il vous apprivoiser ?

 

Citation

"Dans la demi-obscurité de la chambre, avec les reflets bleuâtres de l'économiseur d'écran, j'attendis les rêves que m'enverrait le sommeil ; je savais que dans l'un deux, au pied du grand arbre millénaire, je retrouverais Septembre."

 

Bandeau - Thomas-Gunzig-La-vie-sauvage

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11 juillet 2017

"L'homme du transsibérien" de Stéphane Boudy aux Éditions Gunten

Transsiberien

 

 

"L'homme du transsibérien" de Stéphane Boudy aux Éditions Gunten

Stéphane Boudy : Un voyage au coeur du voyage

Transsiberien

Editions Gunten

Stéphane Boudy nous a enlevés sur le quai, de notre vie qui passe, pour nous emmener avec lui dans le Transsibérien. La force de son écriture nous a happés et transportés par-delà le temps et l’espace. L’Asie, le passé, le présent puis le passé, le présent, l’Asie,… Morceaux de vie que nous lui abandonnons ou lui prenons, avec la seule certitude que nous ne reviendrons pas intacts. Ce voyage intérieur et extérieur nous chamboule. Malgré les codes « comme des pactes » que nous a donnés Stéphane, au départ, le transsibérien « bringuebale la vérité et la tendresse » sur des rails inexorablement parallèles aux autres. En dehors ou en plein cœur d’autres paysages, d’autres pays, nous ne nous éloignons jamais (assez) de la mort…

http://www.editionsgunten.com

 

Mon avis :

Neuf, c'est le nombre de fois que l'Homme du Transsibérien a goûté à ce voyage long, lent et sinueux. Il nous en fait ici le récit, et on voyage à ses côtés...


Il est des voyages qui se méritent et qui expriment tout leur sens simplement dans leur essence même... À travers ces mots, l'auteur nous invite à aller vers l'autre autant qu'en soi-même.

Dans une atmosphère cosmopolite, chamarrée, l'Homme du Transsibérien évoque ses souvenirs, son histoire, ses expériences. Celui qui écrit se nourrit du temps précieux et disponible qu'il dispose en suivant les rails. Il invite à s'extraire de son monde pour éprouver la vie au ralenti. Se rappeler, éprouver en sautant du passé au présent, de manière, fugitive, mais qui retient... On aime l'aventure unique et solitaire au milieu des odeurs, du bruit, des couleurs, de la multitude. Loin du tourisme de masse, on s'imprègne d'une dégustation brute et sauvage de l'humain dans sa diversité et sa vérité.

L'écriture est poétique, littéraire et on se laisse bercer par la sonorité des mots dans un roulis dont on ne veut pas qu'il s'arrête... C'est une histoire de route, de rencontres, de hasard, de vie dans le Transsibérien qui nous porte et nous touche, nous lecteurs et voyageurs de l'absolu. Il satisfait notre soif de richesse, d'inconnu et surtout d'ailleurs.

Un roman qui déborde de charme, bohème et un peu fou. Ce voyage de l'extrême, une fois le livre refermé saura vous habiter encore et se rappeler à vous !

 

Citation :

Ce qu'il y a de formidable avec le fait de partir, c'est penser que l'on ne reviendra jamais le même. Et même penser que l'on ne reviendra jamais.

 

Bandeau - Transsiberien

30 juin 2017

"Un été invincible" d'Alice Adams aux Éditions Albin Michel

 Un été Invincible

 

 "Un été invincible" d'Alice Adams aux Éditions Albin Michel

Alice Adams : Chacun sa route, chacun son chemin

 

Un été invincible de Alice Adams

Benedict, Eva, Sylvie et Lucien sont inséparables depuis leurs années de fac à Bristol. Leur diplôme en poche, ils vont, pour la première fois, se disperser. Eva part à Londres où l’attend un poste dans la finance ; Benedict reste à Bristol pour suivre son doctorat. Quant à Sylvie et Lucien, fidèles à leurs rêves, ils entament une vie plus bohème faite d’art et d’aventure...

http://www.albin-michel.fr

 

Mon avis :

Benedict, Eva, Sylvie et Lucien ont passé leurs années de vie d'étudiant ensemble et soudés. À chacun de prendre son envol professionnel, personnel ou amoureux, sauront-ils préserver leurs liens ?


C'est l'histoire de vies, du temps qui passe... De l'insouciance et l'effervescence de la jeunesse, des amitiés fortes et exubérantes aux expériences à faire soi-même, pour découvrir toutes ses facettes et aborder la maturité... C'est par toutes ces étapes que l'on passe à travers ce roman.

C'est écrit avec beaucoup de justesse, une pointe d'humour et une infinie tendresse. Il y a des histoires de cœur pudiques, latentes, tronquées, des fanfaronnades, des ambitions qui se cherchent, qui ont du mal à percer, des réussites relatives, de nombreux obstacles ; les parcours sont différents...

Et si leurs liens se déroulent et se délitent au cours de ces années, au fond rien ne s'oublie. Les personnages nous parlent, nous touchent dans leur vulnérable naïveté. On aime éprouver, souffrir avec eux de leurs embûches, de leurs maladresses. On suit leurs passages obligés ou les occasions ratés, les erreurs leur ouvrent l'opportunité de belles leçons.

On se laisse porter avec eux par ces années qui passent et qui impriment leurs marques profondément et durablement. A l'heure des retrouvailles, le "Mais qu'est-ce qu'on a fait de ces années ?" n'a que peu ou plus d'importance. Ils sont là réunis, ont vécu et s'en sont plutôt pas mal sorti finalement.

Un récit plein de saveurs sur l'amitié et sur la façon dont elle traverse le temps. Tout tendre et plein de sagesse, vous n'avez plus qu'à vous laisser tenter !

 

Bandeau - Un été Invincible

 

Citation :

 "On se croyait invincibles, dit Lucien. En ce temps-là, je veux dire. On n'était pas idiots : je savais bien que la vie n'était pas immuable, mais je ne le savais pas vraiment, vous comprenez ?"

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14 juin 2017

"Josh" d'Alexis Arend

JOSH

 

"Josh" d'Alexis Arend

Alexis Arend : Un roman inquiétant

coupcoeur

Résumé :

Pourquoi cette petite ville du Middle West est-elle soudain frappée d’épouvante en cet été 1953 ? Qui diable a intérêt à semer la panique et la mort parmi cette population sans histoire ? Et enfin, pourquoi le jeune Josh et son frère Simon sont-ils observés par les uns et méprisés par les autres, comme si un mauvais sang coulait dans leurs veines ?

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Mon avis :

Simon est âgé maintenant, mais il se souvient très bien quand il évoque avec nous ses années d'enfance avec son frère Josh dans le Montana. C'est à ses côtés et à travers ce frère qu'il a vécu un drame étrange et irréversible...


Alexis Arend sait raconter les histoires. Dès les premières pages, on est totalement embarqué par cette intrigue qui nous catapulte dans les années 1950 en Amérique rurale.

On est subjugué par ce récit enveloppant sous le ton de la confidence. Il y a quelque chose d'attractif, d'indéfinissable dans cette écriture dont on ne soupçonne pas tout de suite la portée. L'atmosphère est opaque, secrète. On est touché par les personnages qui ont été marqués par des accidents de la vie. On sent entre Simon et son frère Josh un lien puissant et indéfectible qui les unie.

Il y a beaucoup d'émotions, de sentiments enfouis, douloureux, ravageurs qui se rappellent au souvenir de Simon. On les prend un à un sans pour autant les disséquer, de manière abrupte et écrasante. Il est question de dons, de peur, de bien et du mal, de rumeurs aussi. Il y a des scènes macabres, choquantes, cauchemardesques qui nous entraînent dans un tourbillon silencieux.

On ressent, on pressent beaucoup de choses dans ce livre qui nous captive, nous capture et se referme sur nous comme une chape de plomb. À dévorer !

 

Citation :
"Au cours du repas du déjeuner, je ne pouvais détacher mes yeux de Josh. Lui avait le nez dans son assiette et ne se préoccupait de rien ou presque de ce qui l'entourait, ainsi qu'à l'accoutumée. Je m'efforçais de comprendre qui était réellement mon petit frère, ce qu'il était."

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06 juin 2017

"Dix minutes par jour" de Chiara Gamberale aux Éditions Michel Lafon

Dix Minutes Par Jour

 

"Dix minutes par jour" de Chiara Gamberale aux Éditions Michel Lafon

Chiara Gamberale : Un roman libérateur

 

Dix Minutes Par Jour

Michel LAFON - Dix minutes par jour, Chiara Gamberale

Chiara, la trentaine pétillante, a tout pour être heureuse : un mari parfait, une chronique qu'elle adore dans un hebdo branché, plusieurs best-sellers à son actif. Bref, une vie de rêve jusqu'au jour où... elle perd tout : adieu mari (volage et immature), chronique, romans et certitudes.

http://www.michel-lafon.fr

 

Mon avis :

Chiara avait tout pour être heureuse, un mari et un job qui lui plaît, quand elle perd tout et bascule dans la dépression. C'est à ce moment-là que son psy lui lance un défi à relever dans son quotidien. C'est peut-être pour elle le début d'une nouvelle vie...


Ce roman fait du bien, mine de rien. Avec ses petits défis, Chiara nous offre une vraie distraction. Chaque jour, il s'agit de s'adonner une dizaine de minutes à une toute nouvelle activité. Cela parait simple, dit comme cela, mais il faut quand même y penser, s'y préparer.

Meubler, oublier son malheur, adopter un regard neuf, lâcher prise. Chiara ouvre une nouvelle page chaque jour qui lui permet d'avancer. Ses expériences lui permettent de mieux se connaître, petit à petit de guérir, de s'émanciper même... Le pari était un peu fou, elle explore tour à tour des chemins inédits et inattendus et c'est à travers ces petites choses qu'elle renoue avec la vie.

L'écriture est extrêmement fluide, cela se lit très rapidement. On passe un excellent moment. On aime la perplexité de Chiara au début et cette façon qu'elle a ensuite de se prendre au jeu. C'est un roman tendre, amusant, positif qui ne se prend pas vraiment au sérieux.

À la fois ludique et lumineux, ce roman feel-good nous donne à penser et à espérer que si nous allons mal, nous pouvons essayer d'aller mieux... Plus qu'une prescription livresque, elle devrait être recommandée par le corps médical. Qu'attendez-vous pour commencer ?

 

Citation :
"On ne sait pas si on a encore vraiment envie, on craint de n'avoir plus rien de vraiment intéressant à donner, on craint qu'il n'y ait rien de neuf à découvrir. Mais ensuite, on commence à le faire, on cesse de craindre et spontanément, allez, spontanément, on découvre. On jouit."

Bandeau-Dix Minutes Par Jour

02 juin 2017

"Orage à l'Oyat des dunes" d'Isabelle Bergi

Orage à l'oyat

 

 

"Orage à l'Oyat des dunes" d'Isabelle Bergi

Isabelle Bergi :  Un roman délicieusement croustillant

 

 Résumé :

Ronchon par nature, Antoine n'a pas les vacances dont il a rêvé. Est-ce une raison pour gâcher celles de sa femme et de ses amis? Au vu des caractères très hétéroclites des protagonistes, leur escapade finistérienne risque de vite devenir orageuse...Des conflits vont inévitablement surgir et les secrets éclater au grand jour. Un roman qui vous garde en haleine et une question qui demeure en suspens, l'amour et l'amitié peuvent-t-ils survivre à toutes les épreuves ?

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Mon avis :

Gabrielle et Antoine sont partis avec des amis pour des vacances en bord de mer. Alors que tout semble réuni pour qu'ils passent un bon séjour, c'est tout le contraire qui se prépare...


C'est un récit court, divertissant et qui déborde de suspens que nous propose ici l'auteur. On sent très vite le climat tendu entre les personnages et qu'ils ne vont peut-être pas passer les vacances de leurs rêves...

Serait-ce l'animosité ambiante, les frictions qui plombent l'atmosphère ? Le climat tourne vite court, le malaise devient palpable et vire à l'électricité. Au fil des pages, on apprend à mieux les connaître, à comprendre les liens qui les unissent, leurs interactions et on s'attache un peu à eux.

L'écriture est habile. On se sent familier au cœur de la tourmente et aux prises de cette histoire que l'on devine fâcheuse. L'auteur nous mène là où elle veut que nous allions. Et on se laisse prendre au jeu des apparences. Entre silences consentis, malentendus et quiproquos, on s'aperçoit trop tard que la mayonnaise peut tourner. On s'angoisse beaucoup, on a peur, on a de la peine, on grince des dents et on se libère aussi.

On passe un moment agréable tendre et en bonne compagnie. Vous êtes prêts pour la valse des émotions ? Vite, embarquez-vous, vous n'allez pas le regretter !

 

Citation :
"_ Ces vacances sont une parodie, ennuyeuses à mourir, rien qu'une mise en scène que je ne veux plus jouer."

Bandeau-Orage à l'oyat

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