01 juin 2017

"Mon petit coeur de pierre" de Lucille Caron-Boyer aux Éditions Librinova

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"Mon petit coeur de pierre" de Lucille Caron-Boyer aux Éditions Librinova

Lucille Caron-Boyer : Un roman tendre et délicat

 

Mon petit coeur de pierre - Lucile Caron-Boyer

Marion a quatorze ans, un meilleur ami qui s'appelle Tom et un coeur de pierre. Du moins, c'est ce que Tom lui dit souvent, et peut-être qu'il n'a pas tout à fait tort.
Cette année, elle rentre en troisième, retrouve son collège, ses camarades de classe, ses habitudes.
Rien à signaler donc.
Enfin ...

http://www.librinova.com



Mon avis :

Marion retrouve son ami d'enfance Tom. C'est un jour de rentrée comme les autres qui se prépare avant de se rendre compte de la ressemblance frappante de son prof de SVT avec son père qu'elle n'a pas connu. Avec la complicité de Tom, Marion va devoir élucider ce mystère et se confronter à son passé...

C'est une jolie histoire qui se joue à l'adolescence quand on a besoin de se connaître pour s'affirmer par la suite. Marion est l'archétype de l'ado classique : peu sûre d'elle-même, elle doute ou campe sur ses positions.

Elle fait l'expérience de la vie, accompagnée de son acolyte de toujours, ensemble, ils sont plus forts. Ils vivent les mêmes choses, leurs premiers émois, les bouleversements de cet âge... On aime leur rapport de proximité, les confidences qu'ils se font l'un à l'autre. Marion ne s'autorise pas à aimer, par peur d'avoir mal ou indirectement pour répondre à l'histoire de sa mère peut-être. Il y a beaucoup de choses dans ce roman : on y parle d'amour, d'amitié, d'identité, de l'importance de trouver sa place et du poids du secret.

L'écriture est fluide, limpide, humble même et rien ne semble présager de la portée et de la profondeur sous-jacente. À travers ce récit, l'héroïne va lever le voile sur son histoire et dévoiler les cœurs. Il y a entre les personnages une interaction touchante et indéfinissable dont on prend petit à petit conscience...

Il est de ces romans que l'on effleure, que l'on devine et qui nous illumine tout en pointillés. Un roman qui surprend là où on ne l'attend pas. Discret, évanescent, tendre et acidulé, si vous saviez...

Citation :

"Tom me chambrait souvent sur ce qu'il appelait mon petit coeur de pierre. C'était faux bien sûr, il était loin d'être en pierre, mon coeur."

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"The silent waters" de Brittainy C.Cherry aux Éditions Hugo & Co

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"The silent waters" de Brittainy C.Cherry aux Éditions Hugo & Co

Brittainy C.Cherry : Une romance exceptionnelle

 

coupcoeur

The silent waters - tome 3 The elements by Brittainy c Cherry

Notre vie est faite de moments. Certains terriblement douloureux, d'autres merveilleusement optimistes.

http://www.hugoetcie.fr

 

Mon avis :

Après "The Air, The Fire", Brittainy C.Cherry nous délivre ici son troisième volet de la série The Elements. Maggie a huit ans quand un évènement tragique l'emprisonne dans son silence et à l'intérieur d'elle-même. Un silence pesant, douloureux, qu'elle n'aura de cesse de partager avec Brooks, son seul et unique amour pour toujours...


Brittainy C. Cherry a réussi encore une fois à plonger dans les profondeurs abyssales de mon cœur. Et c'est toute mon âme qu'elle a emportée. Il n'y a pas un moment qui ne m'ait pas touché, brûlé, ou fait frissonner.

Maggie nous précipite et nous fige dans nos secrets, nos douleurs. On a mal pour elle, on voudrait la secouer et on envie à la fois la zone de confort qu'elle s'est créé. On aime la relation unique qu'entretiennent Brooks et Maggie, emprunte de respect et d'attention. Il y a quelque chose de grave, de profond qui les relient l'un à l'autre et qui finira bien par les rattraper.

L'écriture est sublime, forte, enveloppante et elle nous porte loin dans nos émotions. Il y a dans ce roman quelque chose de vertigineux et désespéré. Les personnages vivent, vibrent, souffrent, ont des coups de blues, des coups d'éclat. Mais une chose est certaine, ils s'aiment, font ce qu'ils peuvent et se sacrifient comme une vraie famille. On parle de musique, de romans, d'épreuves et de résilience. Ensemble, ils vont écouter leurs voix, leur permettre de s'exprimer, danser aussi...

Cette histoire, cette succession de moments sont là pour vous émouvoir, vous bouleverser intensément...

Vous serez captivés et capturés comme jamais.

 

Citation :

"Pour moi, c'était ça le véritable amour.
Le véritable amour c'était quand on pouvait rire de ses bêtises.
Le véritable amour c'était quand on pouvait se murmurer des secrets.
Le véritable amour c'était quand on ne dansait jamais seul."

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28 mai 2017

"L' école buissonnière" de Nicolas Vanier aux Éditions XO

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"L' école buissonnière" de Nicolas Vanier aux Éditions XO

Nicolas Vanier : Un roman pur et sauvage

 

 

L'école buissonnière

"Au bout de l'allée forestière, là où la brume avait avalé le monde, quelque chose émergeait lentement, une chimère grandissant comme dans un rêve. Un cerf immense déchira le brouillard, sa ramure était si ample que, pendant un instant, Paul crut que l'ombre l'avait décuplée..." Pour Paul qui n'a jamais rien connu d'autre que l'univers minéral de la banlieue parisienne, la découverte de la nature sauvage de la Sologne est fascinante.

http://www.xoeditions.com

 

Mon avis :

Paul vit en banlieue parisienne avec son père quand celui-ci l'envoie en pension auprès d'une amie en Sologne. Pour lui petit citadin, c'est le début d'une aventure formatrice et extraordinaire...


C'est un roman chaleureux et authentique que nous propose ici Nicolas Vanier. Loin du tumulte, loin du bruit au plus près des cœurs et de la nature, il nous emmène sur le chemin et à la découverte de cette ruralité étonnante et mystérieuse.

On s'enfonce dans ce récit avec bonheur et délectation, les paysages nous parlent et s'imprègnent en nous de manière inoubliable. Aux côtés de Paul, nous goûtons à cette invitation à la vie, à ses rites immuables. Son apprentissage, sa soif de découvrir la faune, la flore nous porte tout au long du roman. Paul écoute, observe, comprend à travers ses rencontres amicales ou amoureuses. On aime sa candeur, mais également sa force et sa capacité à créer des liens.

L'écriture est tendre, directe et émouvante. On s'attache aux paysages, aux personnages dont on sent qu'ils cachent de précieux secrets... On y parle de patrimoine, de racine et d'empreintes laissées. Il y a quelque chose d'indéfinissable, de puissant dans ce roman parce qu'il puise dans l'instinctif peut-être. On s'y sent étrangement autant en terre inconnue qu'en nous-mêmes. Et c'est sans doute ce qui nous touche et nous fait du bien.

C'est une belle invitation, un beau voyage en relief à vous accorder dans votre quotidien. Une sublime échappée : derrière les buissons, vous trouverez la sincérité, le merveilleux.

Citation :
"La Sologne pourrait-elle se comparer à la taïga du Grand Nord ? Son père lui avait parlé de forêts si profondes qu'on s'y perdait, de marais, de tourbières où l'on pouvait mourir noyé et de la lande pleine d'animaux sauvages..."

 

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26 mai 2017

"Je reste zen ! Retour de Moscou" de Coco aux Éditions J'ai Lu

Je Reste Zen Moscou

 

"Je reste zen ! Retour de Moscou" de Coco aux Éditions J'ai Lu

Coco : Une comédie fraîche et désopilante

 

Je Reste Zen Moscou

Comedie - Je reste zen ! retour de Moscou - J'ai Lu

Léa Kelly, femme, mère et businesswoman, adopte une petite fille russe. Son mari se plante devant la télévision. Une de ses collègues essaie de lui prendre sa place. Léa doit trouver un équilibre.

http://www.jailu.com

 

Mon avis :

Après "Je reste zen", Coco revient avec un nouvel épisode. Léa et Frédéric, bien que parents de deux pré-adolescents n'ont pour autant pas pris une ride. Débordant d'amour et d'énergie, ils se lancent ici dans l'aventure de l'adoption. Entre soucis professionnels et familiaux, cette famille attachante n'a décidément pas fini de nous distraire...

Quel plaisir de retrouver cette sympathique famille qui nous ressemble à tous un petit peu dans leur petite folie et leurs grands débordements. C'est peut-être la façon d'aborder les ennuis ou tout simplement le quotidien qui nous parle...

Léa, notre super-héroïne règne ici encore en maîtresse femme sur tous les tableaux ou presque. Entre un mari en pleine crise professionnelle, un geek, une midinette amoureuse et la petite dernière fraîchement débarquée de sa Russie ; Léa n'a sûrement pas le temps de s'ennuyer et doit savoir en toute circonstance cultiver son sens de l'humour.

L'écriture est toujours hilarante, Coco maîtrise l'art de la dérision à la perfection, ce qui a le mérite de relativiser toute situation de crise. On surfe sur la vague d' une joyeuse pagaille celle de toutes les femmes, jamais parfaites, mais toujours impliquées et débordées.

On aime la fraîcheur de nos personnages, leur spontanéité, leur mauvaise foi et leurs gros défauts. Impossible de ne pas se prendre d'affection pour cette drôle d'équipe au charme incontestable. On passe en leur compagnie des moments tendres, tendus, forts et émouvants.

Des péripéties facétieuses, des inquiétudes, des remises en question : un cocktail pétillant et détonant qui fait mouche encore une fois. Avec " Je reste zen ! ", faites un break, non seulement c'est permis mais c'est aussi indispensable.

N'attendez plus ! ! !

Citation :
"Le soir eut lieu le repas pour fêter l'arrivée de Natalia. Lilou et Nathan étaient à la fois contents de découvrir leur soeur et surpris par son comportement. Celle-ci excitée, jouait avec tout ce qu'elle trouvait, la nourriture, les couverts, leurs cheveux..."

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25 mai 2017

"La fille idéale" de Gilly Macmillan aux Éditions les Escales

La fille idéale

 

"La fille idéale" de Gilly Macmillan aux Éditions les Escales

Gilly Macmillan : un récit trouble et bien mené

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La Fille idéale | Les escales

Zoe est la fille idéale : élève brillante, enfant modèle, musicienne talentueuse... Pourtant, l'adolescente cache un lourd secret : quelques années auparavant, elle a été à l'origine d'un tragique accident. Zoe tente à présent de se reconstruire. Sa mère, Maria, et elle ont emménagé dans une autre ville.

http://www.lesescales.fr

 

Mon avis :

Zoé, 17 ans, donne son premier concert loin de son passé et de ce qui a pu lui arriver. Mais son secret bien gardé pourrait bientôt être divulgué et bouleverser la nouvelle vie qui lui a été donnée d'avoir...


Gilly Macmillan nous propose une ambiance ciselée, scrupuleusement pathogène. On entre dans la vie de Zoé sur la pointe des pieds. Cette jeune fille nous intrigue, nous impressionne. On la sent pour son jeune âge sensible, mature et profondément marquée...

Très vite, on apprend son histoire, l'accident qui a coûté la vie à trois adolescents et dont elle a été reconnue responsable. Le procès, le verdict, le centre de détention, Zoé a payé et voudrait tourner la page. Le récit fonctionne en alternance de temps et de point de vue dessinant au fur et à mesure une image globale de la situation. Quand le passé remonte à la surface, les remous salissent et la tragédie n'est jamais bien loin...

Une multitude de sentiments nous assaillent : choc, incompréhension, abattement, sidération. Le sort de Zoé nous perturbe, nous éprouve, nous fait mal. On se sent attiré, on est instinctivement happé par le tourbillon de cette histoire qui n'en finit pas de nous étonner.

L'écriture est habile, maîtrisée, l'auteur sait jouer avec nos angoisses et nos souffrances. Il n'y a pas pire sentiment que celui du crime impuni ou de l'injustice. Mais la vérité n'est pas toujours celle des apparences... Ce récit joue avec nos nerfs et met notre sens du jugement à mal. Rien n'est jamais totalement binaire, tout est stratégiquement muable.

Intégrité, cas de conscience, le sacrifice est amer et le prix toujours trop lourd à payer. Un roman psychologique éreintant dont vous ne soupçonnez absolument pas la portée. Je recommande !

Citation :
"Ca me fait penser à ma vie, aux dommages que j'ai creusés. Je me dis que jusqu'à maintenant, j'ai eu de la chance : lorsque les choses étaient parties en vrille, quand tout le sable de mon sablier s'était écoulé, quand je n'avais donc plus le temps, j'avais pu le retourner et recommencer. Et je me demande si c'est encore possible désormais. Je me demande combien de chances on a dans une vie."

 

A propos de l'auteur :

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Gilly Macmillan a grandi à Swindon dans le Wiltshire et en Californie du Nord.

Elle a fait ses études en histoire de l'art à l'Université de Bristol et à l'Institut Courtauld de l'Université de Londres.

Elle a travaillé pour The Burlington Magazine, à la Hayward Gallery et a été professeur de photographie dans le secondaire avant de se consacrer à l'écriture à temps pleins.

Ne pars pas sans moi (Burnt Paper Sky, 2015) est son premier roman.

Elle vit à Bristol avec son mari et leurs trois enfants. (Source Babelio)

site de l'auteur :
http://www.gillymacmillan.com/

Twitter :
https://twitter.com/gillymacmillan

Bandeau-La fille idéale


24 mai 2017

"Des vies... Mon histoire" chez Z4 Éditions

Des Vies Mon Histoire

 

"Des vies... Mon histoire" chez Z4 Éditions

"Des vies...Mon histoire"  : un récit collectif qui a valeur de mémoire

 

Des Vies Mon Histoire

DES VIES... Mon histoire

Ces " vies ", ou plutôt ces " instantanés " de vies, ce sont les récits des pensionnaires de la résidence André-Socié, à Champagnole : d'un âge moyen de 88 ans, elles/ils se prénomment Madeleine, Suzanne, Jacques, Irma, Mauricette, Joseph, Simone, Rosine... et ont accepté de confier leurs histoires à des " écouteurs " de passage.

http://z4editions.fr

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Mon avis :

Ce recueil de témoignages fait auprès des personnes âgées dans la résidence André-Socié, à Champagnole (39), nous en dit long sur ce que ces seniors ont vécu et ce qu'ils ont à nous laisser.


Ce sont les récits de tranches de vie dans lesquels, ils nous divulguent un pan de leur histoire et leur doux et sincère attachement à leur région. On est ému, touché par leur pudeur quand ils décrivent la vie jurassienne au siècle dernier. Il en ressort une authenticité inégalable. Leurs souvenirs et leurs descriptions restent intacts, quelques photographies attestent et appuient leurs propos.

Avec sérieux, mais aussi avec une pointe d'humour, ils prennent le recul de ces années parfois rudes, mais bâtissantes. On y évoque le travail, la guerre, les rigueurs de l'hiver, le passé agricole.

C'est tout une époque, un patrimoine que ces anciens racontent. À mesure que leurs souvenirs s'égrènent, ils deviennent la clef de voûte entre les générations.

Un bel hommage, un joli cadeau. On est ravi d'avoir pris connaissance de leur parcours. Ils peuvent en être fiers !

 

Citation :

Quand j'étais toute petite et qu'on me demandait ce que j'avais envie de faire quand je serai grande, je répondais que je voulais "être Françoise"... Mlle Françoise, c'était la dame qui tenait l'épicerie du village ! Je voulais "être Françoise" ! Et bien "être Suzanne", ça n'a pas toujours été facile, mais ce n'est pas mal quand même ! Surtout ici où je me plais bien !

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23 mai 2017

"Otage de ma mémoire" de Marilyse Trécourt aux Éditions Carnet Nord

otage de ma mémoire

"Otage de ma mémoire" de Marilyse Trécourt aux Éditions Carnet Nord

 

Otage de ma mémoire - Marilyse Trécourt - Carnets Nord

En se réveillant ce matin-là dans un lit d’hôpital, tous ses souvenirs ont disparu. Sa voix également.

Qui est-elle ? Que lui est-il arrivé ? Pourquoi personne ne s’inquiète de son absence ? Quelles sont les réelles motivations de ceux qui prétendent l’aider ? Et surtout, pourquoi l’éventualité de retrouver la mémoire l’effraie-t-elle autant ?...



http://www.carnetsnord.fr

 

 

Il s'agit pour moi d'une relecture. Fort de son succès sur la plate-forme Librinova, les Éditions Carnet Nord éditent à leur tour une version papier.

Je vous réoriente vers ma première critique que vous retrouverez ICI.

On retrouve ici une fin retravaillée, plus nuancée peut-être... J'ai eu un immense plaisir à me remettre dans la peau d'Arielle, à fouiller dans sa mémoire. À être perdue comme elle et avec elle avec son travail de réflexion, ses réminiscences troublantes, fugitives. Je me suis de nouveau laissé guider, mener par le bout du nez.

Le récit est habile, l'écriture maîtrisée est le moins que l'on puisse dire, c'est que cela fonctionne. Les mécanismes qui entourent la mémoire n'obéissent à aucune règle. On touche là à un domaine sensible, inépuisable et passionnant. Mémoire, dis-moi qui je suis...

Ce que j'ai vécu, ressenti, fantasmé ?

L'héroïne doit petit à petit renouer avec son passé, se souvenir, digérer pour reprendre le cours de sa vie. Un chemin que vous ferez avec elle si le cœur vous en dit...

Bandeau-otage de ma mémoire

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19 mai 2017

Interview Marc Lasnier – Phrom Thep

Interview Marc Lasnier – Phrom Thep

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  1. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

 

Je suis un incorrigible touche-à-tout. Peinture, photographie, et bien sûr écriture rythment ma vie de « retraité hyperactif »…

Mes parents me destinaient à une à carrière d’ingénieur dans l’entreprise familiale. J’ai suivi cette voie une dizaine d’années, tout en déposant en parallèle plusieurs brevets d’inventions. Mais ma passion de l’image a pris le dessus : j’ai créé une société de production dans l’audiovisuel, qui m’a permis de visiter une quarantaine de pays.

En 1987, un premier voyage en Thaïlande, et c’est le choc ! Pourtant, il me faudra attendre pas loin de trente ans pour prendre la décision de tout quitter, et poser enfin mes valises à Phuket…

 

  1. Votre roman est inspiré d'une histoire vraie, qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ?

 

En 2012, ma coiffeuse thaïe a été agressée chez elle. Face à son comportement étrange et à la dépression qui la rongeait, je l’ai fait venir en France pour un suivi médical. À l’époque, je notais ce que Wannapa me dévoilait dans de petits carnets. Une psy m’a dit un jour en les lisant : « cette histoire est tellement incroyable que ça ferait un bon roman ». L’idée était lancée, restait à franchir le pas…

Lorsque l’agresseur passa de nouveau à l’attaque au retour de Wan, c’est dans l’avion pour la rejoindre que j’écrivis les premières lignes de Phrom Thep.

 

  1. Quel message vouliez-vous transmettre ?

 

Au-delà des péripéties que traversent mes personnages, Phrom Thep est avant tout l’histoire d’une reconstruction. C’est aussi un message d’espoir : l’amour de l’autre peut donner la force de s’en sortir, même lorsque, comme Wannapa, on traverse l’enfer.

 

  1. Quelle a été votre source d'inspiration ?

 

Les trois premières parties de Phrom Thep sont le reflet d’évènements qui se sont déroulés entre juillet 2012 et juin 2014. Les lieux et tous les protagonistes du roman existent ou ont existé, sauf le petit Chang qui m’a été inspiré par le personnage d’Hergé dans les aventures de Tintin. Bien sûr, il a fallu modifier quelques noms, et j’ai dû prendre une certaine liberté dans la chronologie afin de rendre le récit plus fluide.

 

  1. Pourquoi le Thriller ?

 

En cours d’écriture, j’avais un peu de mal à « classer » Phrom Thep : n’appartenait-il pas plutôt à la catégorie roman noir ? En fait, c’est un peu des deux. Et comme je n’aime pas rentrer dans un moule ou une catégorie, le lecteur jugera…

 

  1. Quelles sont vos influences ?

 

En matière de thrillers, Clive Cussler, le chasseur d’épaves, m’a beaucoup fait rêver. Mais le côté très noir de Jean-Christophe Grangé a ma préférence. L’ambiance de Phrom Thep n’est pas bien loin de celle de Kaïken

À plusieurs reprises, des critiques (sans doute un peu trop enthousiastes) ont comparé mon style à celui de John Burdett, le maître du roman noir thaïlandais. C’est flatteur, mais en matière d’influence, Burdett n’y est pour rien : je n’ai lu aucun de ses romans, même si je me suis promis de le faire après avoir terminé l’écriture de mon prochain livre.

 

  1. Que lisez-vous en ce moment ?

 

Le sceau des sorcières, de Jacques Vandroux. Passionnant !

Comme quoi autoédité peut percer, puisque les romans de Jacques sont maintenant édités chez Robert Laffont. Une belle réussite, amplement méritée !

 

  1. Avez-vous des projets ?

 

Plein les cartons ! D’abord, la version papier de Phrom Thep sort en Thaïlande le premier juin. Cela n’aurait jamais été possible sans l’aide d’Evelyne, une lectrice enthousiaste qui a orchestré de main de maître une levée de fonds sur ulule.com. Je mets en ce moment même en place un réseau de revendeurs sur Phuket, puis ce sera dans tout le pays. La demande des expatriés pour trouver un peu de lecture en français est forte, et cette fois, l’aventure se déroule à leur porte ! Pour l’édition française, pour l’instant ce sera toujours l’impression à la demande avec Amazon, mais j’étudie la possibilité de livrer certaines librairies directement depuis la Thaïlande.

Et puis, bien sûr, je continue de travailler sur Maha Buha, mon prochain thriller, où certains personnages de Phrom Thep reprendront du service. Comme pour mon premier roman, ce sera l’occasion pour mes lecteurs de voyager en immersion au pays du sourire… Un indice ? Pendant longtemps, en Thaïlande, des moines ont élevé des tigres. Pas forcément pour leur bien-être…

 

  1. 3 mots clefs pour donner envie de découvrir votre roman ?

 

Passion

Aventure

Dendroaspis

 

  1. Votre ressenti par rapport à l'écriture et par rapport à l'autoédition ?

 

Nous vivons une époque où de plus en plus de personnes choisissent d’écrire tout en sachant qu’il y a de moins en moins de gens pour les lire. Un roman, ce sont des milliers d’heures de travail. Dans ces conditions, espérer vivre de sa plume me paraît illusoire, mais comme beaucoup, écrire est chez moi un besoin. Autrefois, c’étaient des scénarios de films, aujourd’hui ce sont des romans, mais ma démarche est la même : raconter des histoires qui embarquent le public dans mon univers.

 

L’autoédition, c’est pour moi la liberté, et la possibilité de rester au contact direct de mes lecteurs. Cela ne signifie pas pour autant que l’on peut faire n’importe quoi. À juste raison, les amateurs de romans se montrent de plus en plus sélectifs. Si l’on veut mettre de son côté toutes les chances de percer, il me paraît indispensable d’adopter une démarche rigoureuse. Mieux, il ne faut pas hésiter à prendre conseil auprès de professionnels, car espérer remplacer seul un éditeur dans toutes les tâches que nécessite la parution d’un roman est suicidaire. Le rôle de l’écrivain, c’est quand même d’écrire, non ?

 

Je remercie Elizabeth pour avoir organisé cette interview et Marc Lasnier pour y avoir répondu avec coeur.

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18 mai 2017

"Les fleurs du repentir" de Tamara McKinley aux Éditions l'Archipel

Les fleurs du repentir

 

"Les fleurs du repentir" de Tamara McKinley aux Éditions l'Archipel

Tamara McKinley : un roman haletant

 

Les fleurs du repentir

Cela fait longtemps que Claire a quitté les terres hostiles et désolées du domaine où elle a grandi pour poursuivre ses études et sa carrière de vétérinaire à Sydney.
Mais quand elle reçoit l’invitation de sa grand-tante Aurelia à une réunion de famille, Claire est ramenée à son passé. Elle qui était partie après une violente dispute avec les siens…

http://www.editionsarchipel.com

 

Mon avis :

Claire, son diplôme de vétérinaire en poche, revient pour une réunion de famille dans l'arrière-pays Australien. Auprès des siens, les conflits sous-jacents sont prêts à voler en éclats. Peut-être faudra-t-il pour crever l'abcès, lever le voile sur d'obscurs secrets...


Tamara Mckinley n'a pas son pareil pour nous dépayser et rendre des terres inconnues et lointaines familières. Elle nous transporte en Australie sauvage avec une nature brute qui colle à la peau.

On aime ces fresques familiales qui traversent les années. Le récit alterne entre passé et présent. À travers les souvenirs d' Ellie, la mère de Claire et Aurélia la grande Tante, on apprivoise et on se prend d'amour pour ces grands domaines au charme et au magnétisme incommensurable. Les personnages féminins nous touchent par leur caractère indépendant et volontaire. Cinq années se sont écoulées depuis le départ de Claire, son absence a créé le vide, l'incompréhension. Les liens avec sa sœur Léanne sont tendus et on sent bien qu'entre les deux réside des zones d'ombre qui ne demandent qu'à être éclairé.

L'auteur nous tient en haleine, l'écriture est captivante et nous éloigne loin de notre quotidien. Il y a dans ces récits de vie, leurs comptes de malheurs et sa propension au bonheur. Amour, haine, trahison sont au centre de cette intrigue à dénouer. Le suspens est palpable, nous attire et nous retient dans ses filets. Les révélations sont très attendues et totalement entendues. Sous le sceau du secret surgit le soulagement et la véritable délivrance dans la paix des cœurs et à jamais.

Avec Tamara McKinley, des paysages, une ambiance, des émotions à foison, on se retrouve une fois de plus en terrain conquis comme toujours. À dévorer sans aucune modération !

 

Citation :
"La liberté. Voilà de quoi il s'agissait. L'existence dans toute sa plénitude... Claire avait oublié à quel point les villes engendraient la claustrophobie. Oublié combien elle avait chéri naguère la magie exhalée par ce tout petit coin de terre..."

 

Bandeau-Les fleurs du repentir

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15 mai 2017

"Jamais sans mes soeurs" de Kristina, Céleste et Juliana aux Éditions Archipoche

Jamais sans mes soeurs

 

"Jamais sans mes soeurs" de Kristina, céleste et Juliana aux Éditions Archipoche

Kristina, Céleste et Julianna : Un témoignage saisissant

 

Jamais sans mes soeurs

Elles n’ont que trois ans, et pourtant Juliana, Céleste et Kristina connaissent l’horreur au sein de la secte dans laquelle elles sont éduquées, « les Enfants de Dieu ».
Sous couvert de les protéger et de leur transmettre leurs dogmes, les « Gardiens » de la secte, qui les séparent de leurs parents, les punissent très sévèrement et les initient à la sexualité dès leur plus jeune âge. Elles sont conduites de pays en pays sous de fausses identités, contraintes de participer à des orgies et sont victimes de viols...

http://www.archipoche.com

 

Mon avis :

Céleste, Kristina et Julianna ont débuté leur existence sous la coupe de la secte des enfants de Dieu. Aujourd'hui, elles reviennent après avoir quitté le groupe sur ces années de mensonge, d'isolement ou d'aliénation...


Ces trois soeurs nous offrent ici le récit de leur vie au sein d'une communauté qui leur a volé leur enfance. Il s'agit ici d'un témoignage courageux autant que douloureux pour parler des abus dont elles ont été témoins et qui ont été commis.

Elles s'expriment tour à tour sur leur vécu, leur ressenti. Elles dénoncent les méthodes d'endoctrinement, la folie des hommes, leur aveuglement. Parce qu'elles ne veulent pas que d'autres enfants subissent le cauchemar de la violence ou de la pédophilie : elles se battent, se reconstruisent et alertent les autorités et les médias sur les dangers du culte extrême. On est choqué, éprouvé par ce qu'elles nous apprennent. On s'interroge et on se dit, mais comment est-ce possible ?

L'écriture est directe, le ton neutre et informatif. Ce qu'il en ressort nous fait froid dans le dos. On est impressionné par ce qui reste de vie et d'envie après toutes ces années d'errance et d'aberration. Leur parole ne doit pas rester vaine, leur association de protection à l'enfance doit pouvoir s'exprimer et être entendu.

Un récit choc, instructif pour éveiller l'attention, instaurer la vigilance...

Pour que d'autres ne tombent pas dans le piège ou trouvent la force un jour d'en sortir.

 

Citation :
"Je m'aperçus que j'avais grandi en regardant du mauvais côté du miroir. Comme Alice au pays des Merveilles, je vivais dans la réalité déformée d'un monde à l'envers qui n'avait aucun sens."

 

Bandeau - Jamais sans mes soeurs