10 septembre 2018

"La fille du maître de Chai" de Kristen Harnisch aux Éditions l'Archipel

Chai

 

"La fille du maître de Chai" de Kristen Harnisch aux Éditions l'Archipel

Kristen Harnisch : Une fresque inoubliable

 

La Fille du maître de chai

1895. Sarah Thibault, 17 ans, vit avec ses parents et sa sœur Lydie dans le Val de Loire, où la famille exploite un vignoble.
À la suite du décès de son époux, la mère de Sarah est contrainte de vendre le domaine à une famille de négociants, les Lemieux, dont le fils aîné épouse Lydie.
Mais une nouvelle tragédie oblige les deux sœurs à quitter la France. Sarah, qui n’a pas abandonné son rêve de devenir viticultrice, gagne la Napa Valley, en Californie.
Sur place, elle fait la connaissance d’un certain… Philippe Lemieux, qui s’est lui aussi lancé dans l’aventure viticole.
Les deux Français décident d’associer leurs talents. Mais les affaires et l’amour peuvent-elles faire bon ménage ? D’autant que Sarah cache un indicible secret…
Dans la lignée des romans de Tamara McKinley et Sarah Lark, le destin d’une jeune femme courageuse qui n’a d’autre choix que l’exil pour réinventer sa vie.

http://www.editionsarchipel.com

 

Mon Avis Pollar

1895, pour Sarah la perte de son père signe également le renoncement au domaine familiale viticole. Contrainte de partir pour la Californie, elle ne perd jamais espoir de vivre de sa passion et de reconquérir un jour son héritage perdu...

C'est un destin exceptionnel que celui de Sarah, qui rencontrera très tôt tous les obstacles. On s'éprend très vite de sa personnalité toute fraîche et cependant très affirmée.

On sent très vite que cette "petite" sait ce qu'elle veut, n'a pas peur de le dire et n'a pas froid aux yeux. Loin d'être fragile, elle prend sa vie en main et celle de ses proches quand les circonstances l'exigent. Elle créé la sympathie autour d'elle, force le respect. Son parcours est atypique, cicatriciel. On aime la romance interdite qui la lie avec Philippe et on se laisse emporter par elle...

L'écriture est enlevée, passionnée et décrit l'univers des vignes avec précision. Notre cœur est malmené, subit des secousses tout au long du roman, sans aucun moment de flottement. Sarah nous émeut jusqu'au bout par sa ferveur, son absence de calcul, sa spontanéité. Les épreuves se succèdent, l'exil apparaît nécessaire, comme une question de survie. Sarah porte ses secrets enfouis au plus profond d'elle-même jusqu'au jour où l'amour, la vie prend le dessus.

On est submergé par l'émotion qui se dégage, cette atmosphère délicate qui complique tout.

C'est un récit-tiraillement où l'émotionnel domine. Une histoire exceptionnelle, un très bon cru.

Citation Pollar

"Elle se rendit compte, ainsi là sous la figure de Sarah Landry, qu'elle tenait les rênes de sa propre vie. Tant qu'elle garderait cachée sa véritable identité, elle serait libre de faire ce que bon lui semblerait dans ce coin du monde."

 

Ce que je retiens


Un destin de femme courageux. Une romance interdite, un environnement, un terroir à couper le souffle.

Petit bémol

Un déroulement dont on devine les aboutissements, une fin attendue, convenue.

 

Bandeau - Chai


07 septembre 2018

"Le temps d'une île" de Thierry Clech aux Éditions Ateliers Henry Dougier

Le temps d'une ile

 

"Le temps d'une île" de Thierry Clech aux Éditions Ateliers Henry Dougier

Thierry Clech : Une jolie plume

 

 

Le temps d'une ile

Qui, à travers le temps, a contemplé cette île à l’horizon ? Qui, il y a un siècle, 300 ans ou plus d’un millénaire a arpenté cette côte, a foulé cette plage ? Des anonymes, des personnages célèbres ? Qui y est né, qui y est mort ? Dans quelles circonstances ? Des hommes s’y sont entretués et des couples s’y sont embrassés. Certains y ont laissé des regrets. D’autres ont pu y infléchir leur destin.

Thierry Clech a imaginé quelques-unes de ces vies, de l’âge de pierre jusqu’au siècle futur, offrant ainsi une surprenante histoire de l’humanité.

http://ateliershenrydougier.com

 

Mon Avis Pollar

Au départ, il y a une île dans toute sa substance, dans son insolente intégrité ; puis vient la faune et cette mystérieuse humanité. Du commencement à la fin, l'île se raconte à travers les époques et le regard profond, brûlant de ses contemporains...

Avec "le temps d'une île", Thierry Clech nous subjugue, nous étonne. On traverse avec lui les grands courants d'histoire qu'ont vécus les hommes, au milieu d'un point défini qui est l'île.

L'écriture est belle, puissante, passionnante et on se laisse imprégner par les mots. Les narrateurs se succèdent, laissant une empreinte de leur histoire, du patrimoine existant, évoluant. C'est un voyage chronologique, curieux, documenté, imaginé qui se joue entre le réel et le fictif. La métamorphose se passe à la vitesse éclair à l'image d'une vie. Y défilent, les hommes emportés entre guerres et passions, soustraits à leur quotidien. On est ébloui par la force des éléments, la beauté du site, la magie et la poésie qui s'en dégage. Le destin du lieu est lié à l'activité humaine de manière incontrôlable, inéluctable.

On se laisse happer par les flots de condensés d'aventure, et on en éprouve à la fois la mesure... Il y a un constat doux-amer à observer, vivre et perdre quelque chose de merveilleux et que l'on a cru acquis. C'est peut-être l'occasion d'une réflexion, d'un recul à l'échelle d'un point précis à observer...

Ici, on vit, on meurt, on guerroie, on vibre dans une course folle après le temps.

Et on ne nous épargne pas, le temps s'en va, s'enfuit pour ne laisser qu'une trace discrète, enfouie...

Citation Pollar

"La Terre, me dis-je, était-elle autre chose que la somme des souvenirs que les humains y avaient laissés ? Et où était la vérité d'une vie ? Au début ? À son milieu ? Ou à l'approche de sa fin ? Et s'il n'y avait plus de fin ?"

 

Ce que je retiens :
Une écriture sublime, des chapitres qui s'adaptent instantanément aux moments qu'ils racontent. Ici, on va à l'essentiel.

Petit bémol : 

Concis mais pas assez précis. On aurait juste envie de s'attarder plus, creuser un peu plus l'environnement, les personnages...

Bandeau - Le temps d'une ile

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06 septembre 2018

"A fleur de peau" de Saverio Tomasella aux Éditions Leduc.s

A fleur de peau

 

"A fleur de peau" de Saverio Tomasella aux Éditions Leduc.s

Saverio Tomasella : Un roman tout en douceur

 

 

À fleur de peau

À fleur de peau - Le roman initiatique des hypersensibles - Saverio Tomasella (EAN13 : 9791028508500)
Livre papier : format 150 x 210 ; 224 pages : 15,00€
eBook (livre numérique) [ePub + Mobi/Kindle + PDF] : 5,99€

 

Mon Avis Pollar

À la trentaine, Flora ne comprend pas ce qui lui arrive, tout l'atteint très vite et profondément. Pour aller mieux, elle va devoir prendre conscience d'elle-même et apprendre à apprivoiser sa vulnérabilité pour en faire une vraie force.

Avec Flora, on découvre une personnalité enfouie sous des strates bien dissimulées et qui ne demandent qu'à se dévoiler, s'exprimer. Au fil des années, Flora s'est oubliée pour donner à l'Autre ce qu'il attendait...

C'est la rencontre avec le yoga, la méditation qui vont révolutionner son petit univers, lui faire changer sa vision des choses, pour s'ouvrir à elle-même et à la vie. On la suit avec attention dans son cheminement qui nous touche. Son réveil est lumineux, ressourçant. On intériorise son changement avec beaucoup de réflexion et d'émotion.

L'écriture est fluide, agréable et glisse toute seule. On se laisse volontairement guider vers un état de conscience plus libre, plus vrai. Petit à petit Flora se dévoile, prend confiance, ose et va de l'avant. Dans un déroulement qui lui est propre, elle explore les possibilités qui lui sont offertes pour ne retenir que ce qui lui convient. Et ça marche !

C'est un roman sur l'hypersensibilité, bien construit, une excellente définition. Avec Flora, on fait un très beau voyage, à la fois tendre et puissant. On ouvre des portes, on visualise de pistes, et on a envie comme elle, de se libérer !

 

Citation Pollar

"Perdre mon temps ? Bien au contraire ! Il m'a fallu plus de trente ans pour le comprendre, mais maintenant, je sais que le meilleur moyen d'avancer est justement de m'accorder du temps pour faire le point."

 

Bandeau - A fleur de peau

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04 septembre 2018

"Le crépuscule des ronces" de Michel Philippo aux Éditions Marivole

le crepuscule des ronces

 

"Le crépuscule des ronces" de Michel Philippo aux Éditions Marivole

Michel Philippo : Un roman sensible

 

Auteur : Michel Philippo
Format : 140 x 225 mm - 144 pages 17,90 €
Le Crépuscule des ronces Deux couples, deux histoires parallèles qui disent les trahisons, les échecs et les fêlures de nos vies ordinaires ; deux récits qui s'imbriquent et se superposent, témoignant par cette architecture de la tragique complexité des rapports humains.

http://marivole.fr


Mon Avis Pollar

Un romancier tourmenté par ses personnages, sa vie personnelle, va à la rencontre d'un ami, de sa maladie pour aller à la quête de vérité, de l'essentiel...

Tout le talent de ce roman repose dans les mots, la finesse et la puissance de ce qu'ils expriment. On est pris dans ce tumulte de vie qui dit le déclin, la rupture, le chagrin.

Dans un contexte qui transpire le délitement, l'amitié est une valeur sûre, celle à laquelle on se raccroche. La réalité se superpose à la fiction, s'enlaçant, s'embrassant, se répondant dans l'indicible évidence du temps qui passe.

L'écriture fait le reste, habile, maîtrisée, fluide. Elle nous surprend par son élégance, sa poésie subtile. Fanch et Mike ont dépassé le stade des secrets, de la pudeur. Ensemble, ils vont réaliser le voyage ultime, la conquête d'un bonheur idéal, tactile, indispensable. Impossible de ne pas se suspendre à cette réalité, de la ressentir profondément et d'être ému par elle. Entre eux, rien ne s'oppose, tout s'impose à eux même. Leur dialogue est évident, pur, magnifié par le verbe, la plume vibrante, inspirante, inoubliable.

Ce qui reste : les affinités, les liens, l'énergie, la capture des mots...

Citation Pollar

"Nous avons tout écrit. Chacun sait l'autre aussi bien que soi-même."

 

Bandeau - le crepuscule des ronces

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30 août 2018

"Incontrôlable" de James Patterson et David Ellis aux Éditions l'Archipel

Incontrolable

 

"Incontrôlable" de James Patterson et David Ellis aux Éditions l'Archipel

James Patterson et David Ellis : Dangereux et survolté

 

Incontrôlable

Le cadavre d’une très belle femme
 
Ben Casper n’aurait jamais imaginé retrouver le corps de Diana, sa meilleure amie, une agente de la CIA, au pied de son immeuble. Elle se serait jetée par la fenêtre de son appartement. Suicide. Affaire classée.
 
Retrouvé au bas de son immeuble
 
Pourtant, Diana, dont Ben était secrètement amoureux, n’avait a priori aucun motif d’en finir avec la vie… Journaliste d’investigation, Ben pressent qu’on a cherché à la faire taire.
Peut-il mettre La maison blanche en danger ?
 
Bientôt, il va mettre au jour un complot qui pourrait impliquer les plus hautes instances du pouvoir. Mais, à trop approcher la vérité, c’est sa propre vie que Ben met en danger. Certains secrets ne doivent pas être ébruités…


http://www.editionsarchipel.com

 

Mon Avis Sang

Ben Casper stupéfait par la mort de Diana, agente de la CIA, ne semble pas croire à son suicide. C'est quand il décide de creuser plus loin qu'il met les pieds dans quelque chose qui lui échappe et de dangereux...

Tout débute par un suicide, à moins que cela soit une mise en scène ?

Ben Casper se pose très vite beaucoup de questions. Pourquoi ?

Était-elle menacée ? Par qui ?

C'est le début pour lui d'une traversée du désert qui n'en est qu'à son commencement.

Sur son chemin, de la peur, du risque, une escalade dans les émotions. C'est à la fois haletant et totalement incontrôlable. Ben est un peu à part et nourrit son aventure de digressions cinématographiques plus ou moins inattendues. En parallèle, on réalise que le passé de Ben cache de douloureux secrets. Le récit va du cent à l'heure, les soupçons s'accumulent, les éléments gênants sont un à un écartés.

L'écriture est rythmée, précipitée et ne laisse que peu de temps pour souffler. On s'accroche à du lourd, à du chantage, à un complot politique. Ben a le don de se mettre en mauvaise posture pour notre plus grand plaisir de lecteur. Il y a des vérités qui ne sont pas toutes bonnes à connaître, quand il est question de protéger sa peau...

Un roman périlleux, divertissant et plein de surprises. James Patterson reste un maître en matière de suspens, c'est indéniable !

 

Citation Sang

"Un meurtre peut être maquillé en suicide, un suicide maquillé en meurtre."

 

Bandeau - Incontrolable


29 août 2018

"L'étrange univers du schizophrène" de Sophie Chrizen aux Éditions Les Chemins du Hasard

Maladie

 

"L'étrange univers du schizophrène" de Sophie Chrizen aux Éditions Les Chemins du Hasard

Sophie Chrizen : Plongeon en pleine conscience

 

L'étrange univers du schizophrène

Sophie Chrizen est l'anagramme de schizophrénie. A la suivre attentivement pendant les vingt ans qu'elle a mis à guérir de sa schizophrénie, on n'aurait pu qu'être frappé par la relation extravagante qu'elle entretenait avec sa psychiatre. Ce personnage de roman, à la double personnalité, va se croire tour à tour la malade et la soignante.

https://lescheminsduhasard.com

 

Mon Avis Pollar

Sophie ne sait pas ce qu'il attend à la suite d'un simple repas de famille, et pourtant, c'est l'identité de son "monde" qui est remis en question. Plus qu'une maladie, une étiquette qu'elle aura bien du mal à porter...

Ce roman éclaire sur une maladie psychique, peut-être un peu dérangeante, voire inquiétante pour certains. On y retient les symptômes hallucinogènes, le décalage avec le réel, l'isolement, la médication.

C'est un univers déroutant dans lequel on trempe avec des pincettes, de peur peut-être d'y perdre pied. Il y a une énergie, une intelligence à décrire deux mondes distincts qui s'opposent et pourtant se confondent. L'écriture est sensible, fragile et pointilleuse, elle nous révèle les dissonances avec une gravité cuisante, parfois cassante. Et puis, on y voit la mise en scène, le prisme déformant, écartant un peu la différence, la "folie".

On est au cœur des sensations avec ce roman qui nous entraîne plus loin que la maladie, vers un chemin de l'individu, de son intériorité projeté vers l'Autre...

Un reflet à décoder, déchiffrer derrière les lignes, au plus profond de la psyché. La schizophrénie vous ouvre les portes de cette terre inconnue... 

Citation Pollar

"Le contact des êtres humains était devenu néfaste. Mais je n'étais pas accoutumée à ma solitude, qui me pesait tout autant. Je n'entrevoyais aucune solution, aucun chemin, aucune échappatoire. La consultation ne m'aidait pas, je m'enfonçais."

A propos de l'auteur Pollar

 Sophie

28 août 2018

"Echec et love" d'Andy Pierce

Echec et Love

 

"Echec et love" d'Andy Pierce

Andy Pierce : Un joli roman

 

Échec et love !

Le jour où il se découvre un don pour les échecs, Maxime, quatorze ans, est loin de se douter que toute son existence va être bouleversée...
Comment ses amis mordus de foot réagiront-ils ? Jusqu'où sa nouvelle passion le mènera-t-elle ? Et surtout : peut-on être à la fois un grand joueur d'échecs et un grand séducteur ?

 

Mon Avis Pollar

Alors que Maxime a écopé d'une retenue, il découvre le jeu des échecs. Cela va bientôt prendre toute son énergie et bien plus de place dans sa vie, qu'il l'aurait imaginé...

C'est un roman jeunesse, d'amour et d'initiation. Maxime, le héros de ce récit va de découvertes en surprises, par le biais d'une passion qui le transforme et le fait se connaître mieux.

L'écriture est fluide, envolée. Elle nous emporte dans les difficultés du quotidien, les tracas d'adolescents. Maxime nous touche par sa fraîcheur, sa spontanéité. C'est un garçon intelligent, sensible, intuitif. En jouant aux échecs, il construit, peaufine son identité. De plus en plus, il s'affirme et donne le meilleur de lui-même. Avec le jeu, il est dans le contrôle, alors que ses sentiments le bousculent, le désarçonnent. En amour, comme au jeu, il y a une part de risque à prendre, de ténacité à avoir.

Maxime a un don pour se confronter à ses rêves, les réaliser. C'est un garçon plein de vie, attachant que l'on a plaisir à suivre dans cette aventure. Maxime malgré son jeune âge, a déjà pris conscience de ce qui est important : écouter son cœur, donner et le laisser s'exprimer.

Ce roman tendre, riche de sens foisonne d'émotions. À vos marques, prêt, jouez !

Citation Pollar

"Je ne sais pas exactement ce que je trouve à ce jeu. C'est comme si j'étais hypnotisé, comme si je n'avais pas le droit d'arrêter de jouer avant d'avoir pris le dessus sur mon adversaire. Il me semble qu'on appelle ça "la rage de vaincre". Ce qui est sûr, c'est que je n'avais encore jamais rien ressenti de pareil."

 

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27 août 2018

"Image(s)" de Mélanie De Coster

Images

 

"Image(s)" de Mélanie De Coster

Mélanie De Coster : Un récit grinçant

 

Image(s)

Image(s) est un roman de suspense, un thriller young adult.
4ème de couverture : Conseil n°1 : Ne jamais suivre un inconnu dans les bois
Conseil n°2 : Se méfier de ceux qui cachent leurs secrets derrière trop de galanterie
Conseil n°3 : Ne pas allumer de feu que l'on n'est pas capable d'éteindre
Conseil n°4 : Bien se renseigner sur ses éventuels colocataires
Conseil n°5 : Ne pas croire ceux qui gagnent leur vie en racontant des histoires

Si Lara avait suivi ces conseils, la fin de son stage de journaliste se serait peut-être mieux déroulée. Mais comment résister à la perspective d’une interview inédite avec Étienne Noël, le jeune auteur à succès du moment ?

http://decostermelanie.wordpress.com

 

Mon Avis

Lara est une jeune stagiaire dans le journalisme quand elle décide d'interviewer Etienne, un écrivain à succès bien secret. Cette rencontre attractive et sa curiosité pourraient bien la mettre en danger...

Ce roman court ménage et produit bien ses effets. Il y a rapidement quelque chose de trouble, de malsain, d'insaisissable qui accroche notre lecture et nous pousse à aller plus loin.

La personnalité d'Etienne est double, manipulatrice, incroyablement perverse. On ressent en sa présence, un malaise, il nous titille, nous interroge. Lara cherche, veut bien faire et ne tarde pas à être pris au piège d'un mécanisme fou et incontrôlable. On aime l'ambiance étouffante d'un huis clos entre les personnages. L'écriture est habile, maîtrisée, persuasive. On se laisse embarquer par un jeu de dupes qui brouille notre pensée et ne fait qu'enfler au cours du récit.

Lara et Etienne, tour à tour, se scrutent, s'invectivent, se cachent, le déni et la provocation n'étant jamais bien loin. Leur face-à-face est sensuel, captivant mais aussi cruel et désarmant. Ils nous invitent tous deux dans cette morsure tango dont on sait qu'elle devra un jour s'arrêter, se sacrifier. Petit à petit le mystère fait place au sombre, à l'horreur et tout nous échappe jusqu'à cette issue inévitable.

C'est bref, mais terriblement bien mené, la tension s'exprime d'elle-même jusqu'à essorage complet. N'hésitez plus !

Citation

"Tant qu'elle croirait à ses histoires, il était prêt à lui concéder quelque temps le pouvoir de mener le jeu."

 

Melanie de Coster

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"Point of view" de Patrick Bard aux Éditions Syros

POW

 

"Point of view" de Patrick Bard aux Éditions Syros

Patrick Bard : Un roman remarquable et délicat

 

Après Et mes yeux se sont fermés, le nouveau roman de Patrick Bard
La première fois qu’un lien vers une vidéo porno s’affiche sur son ordinateur, Lucas est en train de télécharger un film de super-héros en streaming. Cette scène, qu’il visionne sans l’avoir voulu, le sidère, puis lui procure une émotion totalement inédite. Pour retrouver ce frisson initial, il glisse en secret dans une sphère qui accapare ses pensées, ses nuits, et bientôt tout son temps libre. Vu de l’extérieur, on pourrait croire que Lucas est un simple geek. Il est en réalité victime d’une addiction dont il ne peut plus sortir seul. Pour revenir du côté de la vie, il lui faudra accepter la rencontre et l’échange avec d’autres, loin des écrans.



Mon Avis Pollar

Lucas a onze ans quand il visionne pour la première fois un film pornographique. Quatre ans plus tard, il est enfermé dans une addiction qui le coupe du sens de la réalité jusqu'au point de craquage...

Patrick Bard aborde un thème sensible, tabou celui de l'addiction aux écrans, l'accès au cybersexe par les plus jeunes. Avec Lucas, il nous décrit les sensations de dépendance, entre contrôle et malaise que génère la répétition des images.

Lucas arrive à un point ou les autres n'existent plus, autrement que ce qu'il imagine, mais il s'oublie également, se nie aussi lui-même. Ses parents n'ont rien vu venir, ils se sentent démunis en colère, maladroits pour en parler, se confronter à leurs problèmes. L'écriture est sincère, directe, parfois brutale pour aller à l'intérieur du mal, à la pêche aux informations. Admis en centre, Lucas prendra conscience de ses erreurs, pour petit à petit se reconstruire, s'ouvrir à la vie. Il apprend à ne plus avoir peur, à retirer ce film de protection qui l'étouffe, à prendre des risques, à communiquer.

L'auteur avec beaucoup de justesse met le doigt sur quelque chose d'intime, de dérangeant. Il met en garde contre l'éveil à la sexualité via des supports trompeurs dépourvus d'émotions, d'échanges et de vérité. On aime la vulnérabilité, l'imperfection des personnages, leurs doutes, leurs forces profondes, leur capacité à la résilience.

C'est un récit habile, documenté, réaliste, intelligent, qui expose, remet en question, invite à la prudence en confrontant réel et virtuel dans une balance la plus juste possible. Une manière de dire les choses, sans les juger, ni les cacher et qui a au moins le mérite d'être là.

Un roman utile pour les jeunes et les moins jeunes, un premier pas, qui sait vers l'ouverture, le dialogue ?
 

Citation Pollar

"Au bout de quelques mois, les nuits ont fini par déborder sur les jours. Dés qu'il en avait l'occasion, il "matait des films de cul", comme disent les autres garçons, sur son ordi, son smartphone. Lui n'aurait pas appelé ça comme ça."

 A propos de l'auteur Pollar

Patrice Bard

 

 

Bandeau - POW

 

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23 août 2018

"Bientôt viendront les jours sans toi" de David Trueba aux Éditions Flammarion

Les jours sans toi

 

"Bientôt viendront les jours sans toi" de David Trueba aux Éditions Flammarion

David Trueba : Un roman électrosensible

 

Bientôt viendront les jours sans toi de David Trueba - Editions Flammarion

Le musicien Dani Mosca a 40 ans à la mort de son père, avec qui il a toujours entretenu une relation houleuse. Un an plus tard, il décide contre toute attente de ramener son cercueil dans son village natal, au nord de l’Espagne. Ce voyage, autant physique qu’intérieur, va lui réserver bien des surprises.

https://editions.flammarion.com

 

Mon Avis Pollar

Dani Mosca a quarante ans quand il décide de ramener la dépouille de son père dans son village natal, au nord de l'Espagne. Un voyage pendant lequel il va faire son deuil bien sûr, mais sans doute un peu grandir aussi...

C'est lorsqu'on rencontre la mort que l'on ne pense et ne parle jamais autant de la vie, et de toutes les choses qui la composent. Avec ce roman, on est dans l'expression pur, le jaillissement des émotions.

Les souvenirs affluent en tous sens, de manière désordonnée, intempestive, sensible et jouissive. Dani Mosca, le narrateur, va à la source, nous raconte avec une lucidité éprouvée ses années bohèmes, en conflit permanent avec ce père sans doute un peu pudique, un peu secret. On évoque ici l'amour, la musique, la sexualité, les ruptures dans un paradoxe éloquent, maîtrisé.

L'aventure est dense, l'écriture emprunte un monologue lent, sensuel, sensitif qui remplit le vide, l'absence et qui sonne l'heure des bilans. Il y a quelque chose de puissant, d'intérieur, de désespéré. Les rencontres sont marquantes, humaines, déterminantes. Elles nous aspirent dans un tourbillon, nous questionnent, nous projettent.

Avec ce roman, on est à la fois spectateur et témoin intime des années passées, envolées. La nostalgie nous emporte à travers ce voyage exubérant, transgressif et formateur.

Peu importe la place à prendre, l'ivresse est bien là, réelle, palpable et laisse une empreinte inoubliable...

Citation Pollar

"La vie est difficile à organiser, mais parfois elle s'organise toute seule de manière délicate, avec une logique effrayante, aussi parfaite qu'émouvante."

 

Bandeau - Les jours sans toi